Sous la Lune de Compiègne

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Sous la Lune de Compiègne

Message  Admin le Sam 24 Mar - 20:21

Retranscription d'un ancien RP a ne pas perdre.
avatar
Admin
Admin

Messages : 53
Date d'inscription : 31/10/2010
Age : 29
Localisation : derrière l'écran

Voir le profil de l'utilisateur http://domainedelahmia.forumgratuit.org

Revenir en haut Aller en bas

Re: Sous la Lune de Compiègne

Message  Admin le Sam 24 Mar - 20:23

Lysianor a écrit:
Il faisait doux pour ce début de Juin à la tombée de la nuit, si doux qu'il aurait été dommage de ne pas faire sa petite balade habituelle.

Mettant son foulard à la couleur passée par le temps sur ses épaules, elle ferma la porte de sa masure et partit déambuler dans les rues de Compiègne. Enfin déambuler...pas vraiment, elle avait toujours le même itinéraire depuis plusieurs années.
D'abord passer devant la maison de Ananke et discrètement, chaparder une ou deux fleurs qui dépassaient de la clôture.
Puis passer dire le bonjour à sa famille. Elle aimait bien leur rendre visite, ils étaient si calmes depuis que la peste les avaient envoyé six pieds sous terre.
A la nuit tombée, toujours, c'est le meilleur moyen pour ne croiser personne, de toute façon elle était aussi grise et ternie que sa houppelande, vestige d'un temps ancien, elle serait passée inaperçue, se fondant telle une ombre sur les murs des maisons.

Puis après avoir échangé quelques mots avec ses pierres tombales favorites et déposé son larcin, elle prenait le temps de flâner dans les rues, regardant par les fenêtres la vie qui semblait si lumineuse, si chaude et si loin d'elle en même temps.

Sa vie à elle, c'était son petit lopin de terre où poussaient quelques légumes qui suffisaient à peine à la sustenter et un peu de braconnage.
Personne ne la voyait plus depuis bien longtemps mais elle...elle aimait voir les gens, vivre, rire, s'aimer! Un peu comme on regarde quelque chose de mystique au travers d'une vitre sale.

Ce soir là donc, elle avait aperçu deux jeunes gens se promener, par jeu et par curiosité surtout elle les avaient suivi d'assez loin pour ne pas se faire remarquer mais suffisamment proche pour les entendre discuter. Puis apercevant la silhouette d'un homme, elle l'avait suivit jusqu'à l'entrée du Jardin.
La nuit était tombée depuis un certain temps, et l'air se rafraichissait, elle décida de passer devant les tavernes , histoire de voir si c'étaient toujours les même têtes.
"Au petit Compiègne" la fête battait son plein.

Satisfaite de son petit tour, elle s'apprêtait à rentrer chez elle quand elle sentit une présence glaciale derrière elle.
Surprise par la soudaine chute de température et regardant sans comprendre son souffle se changer en buée, elle se sentit observée. Elle la voyeuse de Compiègne! Tendant l'oreille , elle s'aperçut que plus un son ne lui parvenait et la lune qui s'était cachée rendait la ruelle aussi noire qu'un four de boulanger.

Serrant son foulard plus fort autours de ces épaules, pas rassurée du tout par cette présence qu'elle ne peut voir et qui elle le sens ne lui veut pas du bien, se met à trottiner plus vite....

avatar
Admin
Admin

Messages : 53
Date d'inscription : 31/10/2010
Age : 29
Localisation : derrière l'écran

Voir le profil de l'utilisateur http://domainedelahmia.forumgratuit.org

Revenir en haut Aller en bas

Re: Sous la Lune de Compiègne

Message  Admin le Sam 24 Mar - 20:25

In_tenebris a écrit:

Un Crépuscule doux et propice aux promenades..
Et pourtant ce soir là, les rues furent pratiquement désertes.
Tavernes bondées ? Paysans rentrés chez eux pour un repos bien mérité ?
Ou bien un sentiment d'insécurité dû à quelques disparitions inquiétantes ces temps derniers ?

Rien a se mettre sous la "dent". Voilà qui est bien ennuyeux..
Encore se contenter d'un chevreuil ce soir ?
Raah ! Ceci ne procure qu'un sentiment "d'amuse-bouche" !
Non.. ce soir il faut un véritable repas.

Ah ! enfin âme qui vive.
Légère grimace à la vue, non poinct d'une belle jeune demoiselle,
Mais d'une Dame qui semblait avoir quitté depuis belle lurette, l'âsge de la Jouvencelle.

Elle ne sera poinct si "fraiche" mais vu le peu de choix pour aujourd'hui,
L'on ne fera poinct le difficile.

La suivre, tapis dans l'ombre.
Observer le moindre de ses mouvements.
Ressentir ses émotions du moment..

Ah ? son sentiment de curiosité laisse place à un doute..
Se sentirait-elle moins seule tout d'un coup ?
La petite Dame semble se comporter tel un gibier qui se sent traquer par un prédateur inconnu...

Voilà une victime qui semble êstre plus sur ses gardes que ces prédécesseurs.
Ceci donnera certainement plus d'intérêt à la traque ?
Ne poinct se fier à l'âsge.. l'expérience pourrait bien parlée..

La peur.. l'appréhension.. une soudaine insécurité..
C'est ce que l'on pouvait lire dans les pensées de la Dame à présent,
Celle-ci pressant ses pas pour rentrer à la maison.

Il est temps de passer à la vitesse supérieur, pour ne poinct laisser filer le "dîner".

A cet instant, la mystérieuse "présence invisible", fut rejointe par son "autre".

Ah te voilà enfin.. lui souffla-t-il.
Tu arrives juste à temps. J'allais "cueillir" nostre dîner..

Fixant la petite Dame un peu plus loin, avec un rictus malveillant,
L'oeil de l'ombre ténébreuse, se mit à briller telle une lame tranchante.

Allons Compagnon.. En Chasse !


Et une énième traque débuta sous la lune de Compiègne...

http://www.deezer.com/track/776379
avatar
Admin
Admin

Messages : 53
Date d'inscription : 31/10/2010
Age : 29
Localisation : derrière l'écran

Voir le profil de l'utilisateur http://domainedelahmia.forumgratuit.org

Revenir en haut Aller en bas

Re: Sous la Lune de Compiègne

Message  Admin le Sam 24 Mar - 20:26

Hanzymare a écrit:
La nuit était d'une beauté sublime quoiqu'un peu fraiche à Son goût, remplie d'un silence macabre qui Lui ravissait le cœur. Il aimait laisser déambuler Ses pensées sur les subtils courants provoqués par le souffle des vivants...

Soudain, Il s'arrêta brusquement. Il venait de sentir le souffle de la non vie, preuve indéniable de la présence de Ses pairs. Il se prit à sourire sans joie à l'approche de Son compagnon nocturne...



Un choix judicieux mon ami, son sang n'a surement pas la saveur d'une fraiche jouvencelle mais sa peur doit avoir un gout sans nul autre pareil...

Il pouvait sentir d'ici les battements affolés du cœur de ce qui deviendra dans quelques minutes une enveloppe vide.

En un battement de paupière, Il se retrouva juste en face de cette pauvre femme et Se délecta à la vue de ses pupilles dilatées par la terreur. Voila le plus exquis des repas.
Il goutait la terreur comme d'autres goutent un excellent vin, et sentit une douce et réconfortante chaleur irradier Son corps.

Il plongea Son terrible regard dans l'esprit de cette pathétique créature et Se délecta de ses sentiments les plus sombres. Il savourait ainsi chaque goutte de noirceur, de tristesse, de doute et d'horreur absolue.

Les cheveux de ce gibier d'un soir blanchirent en quelques secondes, lorsque, repu, Il tourna Ses yeux légèrement voilés par la surcharge d'émotions volés vers Son compagnon


Je me suis nourris de son âme, mais son corps est encore intact. Fais ton office...
avatar
Admin
Admin

Messages : 53
Date d'inscription : 31/10/2010
Age : 29
Localisation : derrière l'écran

Voir le profil de l'utilisateur http://domainedelahmia.forumgratuit.org

Revenir en haut Aller en bas

Re: Sous la Lune de Compiègne

Message  Admin le Sam 24 Mar - 20:26

Hanzymare a écrit:
Ainsi, Son autre L'avait abandonné, fort bien. La solitude Lui convenait après tout. Plus de cinq mille ans...

Il avait vu des civilisations s'élever puis choir, la nature humaine n'avait plus de secret pour Lui, Il continuerait Sa non-vie hors du temps comme Il l'avait toujours fait...

Sa faim, quelque peu atténuée, Il prit le temps de se promener parmi tous ces vivants, inconscient de Sa condition.
Une joie malsaine éclaira un peu Son visage blafard : cette ville était Son champ, ses habitants Son bétail...
Laissons les se battre pour leur vanité cupide. Le haut de la pyramide? A quoi bon? Il était leur Maître, le Dévoreur des mondes, le Fils des abysses...
Mais dans l'ombre Il restera, inconnu de tous.

Laissons les éprouver toutes les émotions du panel humain, Il s'en nourrirait tôt ou tard, Lui, le grand rien...

Il avait fini pour ce soir, la Terreur Sans Nom se retirait, jusqu'à Son prochain éveil...
avatar
Admin
Admin

Messages : 53
Date d'inscription : 31/10/2010
Age : 29
Localisation : derrière l'écran

Voir le profil de l'utilisateur http://domainedelahmia.forumgratuit.org

Revenir en haut Aller en bas

Re: Sous la Lune de Compiègne

Message  Admin le Sam 24 Mar - 22:21

Hanzymare a écrit:
Quelque chose Le tracassait, quelque chose qui Le fit sortir de Sa torpeur. Sentiment inconnu, étrange, Il pensait Se connaitre...

Revigoré par Son dernier repas, Il passait Son temps dernièrement à côtoyer ce qu'Il fut un temps : les vivants. Les vents de vie qui s'échappaient d'eux tels des volutes arachnéennes apportaient une douce chaleur sur Sa peau froide qu'Il ressentit comme un baume.
Ghyran soufflait fort en cette saison, influençant les mortels sans même qu'ils en aient conscience...

C'est au cours de cette réflexion qu'Il la vit. Un phare dans les ténèbres de Son existence, aveuglant, presque douloureux.

Ghyran soufflait fort autour d'elle, mais elle était enveloppée de toute part par Aqshy qui protégeait son âme mieux qu'une armure ne protégerait le plus dévoué des chevaliers.
Serait-elle celle qu'Il cherchait depuis maintenant des éons?

Il avait le temps, tout le temps... La signature qu'elle laissait derrière elle, imperceptible pour les mortels inconscient de la valeur de leur propre vie n'avait aucune chance de Lui échapper.
Au moins savait-Il qu'elle existait? Une excellente nouvelle...
Il Se prit à imaginer un avenir où Sa propre solitude, la plus grande cause de Ses souffrances, ainsi que le vide en Lui sur lequel Il n'avait mit aucun nom se tiendraient éloignés de ce Phare...

Doux rêve, mais le temps Lui avait déjà accordé maintes surprises pas toutes agréables. Quel facétieux allié que celui-ci, aussi inconstant que la mer, capable d'apporter le meilleur comme le pire.
Le pire étant déjà arrivé, peut-être était-ce maintenant le moment du meilleur...

Confiant qu'Il était, trop peut-être Il décida de Se nourrir l'âme allégée...
Les disparitions ne passeraient pas inaperçues bien longtemps, Son choix se porta sur le cimetière... Les vents de la mort tempêtaient dernièrement ici ainsi que le souffle des âmes défuntes.
Un très bon choix pour ce soir...
avatar
Admin
Admin

Messages : 53
Date d'inscription : 31/10/2010
Age : 29
Localisation : derrière l'écran

Voir le profil de l'utilisateur http://domainedelahmia.forumgratuit.org

Revenir en haut Aller en bas

Re: Sous la Lune de Compiègne

Message  Admin le Sam 24 Mar - 22:22

Ambre_de_lune a écrit:

Les essences des sens ne sont elles pas à la hauteurs de certains frissons interdits?
Une ombre fine, tressaillante de froid malgré la douceur de l'été, marchait depuis un bon moment sur un tapis de feuilles.
Muée par une force qu'elle ne se connaissait pas, ses jambes la portait à la rencontre d'un fantôme venu hanter ses nuits.
Venue de nul part, elle suivait cette ombre attirante et terriblement effrayante.
Nul ne savait qui il était vraiment.
Nul n'avait croisé son regard quand la lune portait haut dans le ciel.
Etait -elle envoutée? Etait- elle ensorcelée?
Rien ni personne n'aurait pu savoir à quoi elle pensait à ce moment précis.
Pas après pas, se faufilant derrière les tronc les plus sombres, elle avançait en essayant de ne pas se faire connaitre...
Son souffle devenait douloureux tant les efforts qu'elle faisait pour ne point enliser sa présence d'un bruit inhabituel la tiraillait.
Bruit qui aurait pu donner à l'homme une chance de la découvrir.
Un gros chêne lui servit de cache.
Les yeux de la jeune égarée fixaient dans l'obscurité la silhouette avachie sur quelque chose qu'elle ne voyait pas.
Le cimetière était désert.
Seul le chant des oiseaux de nuit venait troubler ce silence lourd.
Un pas de plus.
Un pas pour se rapprocher encore.
Un pas de trop...
Un craquement retentit, léger, sourd....
La jeune frimousse fit marche arrière et colla le dos à l'arbre salvateur.
avatar
Admin
Admin

Messages : 53
Date d'inscription : 31/10/2010
Age : 29
Localisation : derrière l'écran

Voir le profil de l'utilisateur http://domainedelahmia.forumgratuit.org

Revenir en haut Aller en bas

Re: Sous la Lune de Compiègne

Message  Admin le Sam 24 Mar - 22:23

Ambre_de_lune a écrit:
Fuir, fuir au plus vite pour ne pas se faire prendre.
Les sens à fleur de peau, le coeur battant, c'est avec angoisse qu'elle patienta quelques instants avant de reprendre sa course.
Il ne fallait pas être vue.
Les images sordides lui revenaient en mémoire.
Les corps décharnés sur lequel cette " chose " était penchée...L'odeur âcre du sang.
Elle ferme les yeux et décolle le dos de cet arbre centenaire qui lui sauve la vie très certainement.
Pas après pas, sur le tapis moelleux de feuille et d'aiguille, elle avance.
Anxieuse, elle regarde derrière elle avec le sentiment mitigé qui vacille entre désir d'être prise et désir d'être ignorée.
La lune décline sur ses cheveux un halo blanchâtre scintillant.
Sa peau offrait à l'odorat le plus subtil un délicieux parfum.
La suivre était donc aisé pour le prédateur...
Et pourtant, elle avançait, pressant le pas parmis les arbres et les buissons.
A moitié courbée au moindre bruit, elle se cache parmis les fourrés.
Son regard effrayé scrute l'ombre la plus noire à la recherche du moindre mouvement.
Mais soudain, elle chute. Son pieds pris dans une racine ne lui permet pas de se dégager...


avatar
Admin
Admin

Messages : 53
Date d'inscription : 31/10/2010
Age : 29
Localisation : derrière l'écran

Voir le profil de l'utilisateur http://domainedelahmia.forumgratuit.org

Revenir en haut Aller en bas

Re: Sous la Lune de Compiègne

Message  Admin le Sam 24 Mar - 22:23

Hanzymare a écrit:
Dans cette opaque obscurité Il sourit, se repaissant de l'énergie de Shysh dégagée par les cadavres en décomposition.

Malgré toute la discrétion dont elle faisait preuve, Il entendait son coeur battre à plusieurs dizaines de mètres, comme celui de tous les vivants. Mais plus que tout, elle brillait de mille feux; autant demander à un phare de se cacher dans la nuit par temps clair...

Cette lumière et cette chaleur unique, Il la reconnaissait entre toutes : c'était elle, celle qui apaisait Ses blessures éternellement réouvertes.

Il affecta de l'ignorer bien qu'instinctivement Il chercha à s'approcher de cette chaleur salvatrice. Il attira à lui tel un aimant les volutes d'Aqshy qui se dégageaient d'elle et S'en enveloppa. Doux réconfort...
Son parfum arrivait jusqu'à Lui ce qui Le déstabilisa une seconde, étrange émotion que celle-ci pour Lui, le bloc de marbre...

Quand Son âme noire fut repue, Il l'observa, immobile.
Il sentit sa peur, une peur qui Le nourrit encore plus mais qui Lui laisse un goût amer dans la bouche... pas elle, Il ne se résoudrait pas à se nourrir d'elle.

La panique la gagne, Il voudrait lui dire qu'elle n'a rien à craindre, mais ce serait mentir...
Il a désespérément de cette énergie pour continuer à passer les ages... Seul...
A moins que...

Elle s'éloigna aussi rapidement et silencieusement que possible, futile tentative que celle-ci...
En un battement de cœur, Il est à l'entrée du cimetière, lui coupant toute retraite.
Commander aux humains est une chose, commander à la nature en est une autre... Il se figea un instant redirigeant le flot de Ghyran vers les arbres dépérissant.

Les racines se levèrent, les branches s'abaissèrent empêchant le flot de lumière qu'elle est de quitter ce lieu impie...
Il ferma les yeux, quand il les rouvrit Il était derrière elle... Une fois de plus, les douces effluves qu'elle dégage le paralysa quelques secondes.

Elle sait qu'Il est juste à coté. Il pouvait la toucher s'Il ne craignait pas que son contact maudit ne ternisse cette virginale beauté...

Il se contenta de se réchauffer dans les volutes de Hysh et d'Aqshy qui l'inonde...
avatar
Admin
Admin

Messages : 53
Date d'inscription : 31/10/2010
Age : 29
Localisation : derrière l'écran

Voir le profil de l'utilisateur http://domainedelahmia.forumgratuit.org

Revenir en haut Aller en bas

Re: Sous la Lune de Compiègne

Message  Admin le Sam 24 Mar - 22:24

Ambre_de_lune a écrit:
Putride odeur que celle des feuilles en décomposition un soir d'été.
Enfin la branche cède et elle se redresse.
Fuir encore et toujours pour ne point hypnotiser les sens.
Le noir obscur l'entoure quand elle est plaquée par une force incroyable contre un arbre, les bras en croix.
Ne pas crier, surtout ne plus bouger.
Elle a mal de ne trouver son souffle.
Sa poitrine oscille vivement pourtant et le parfum d'un coeur pur émane d'elle telle une ode lancinante offerte à son Seigneur.
Un corps immense, plaqué au sien, dont le souffle fort caresse ses cheveux.
Pourquoi ne se sent-elle pas effrayée?
Pourquoi cette attirance soudaine et ce désir de rester?
La lune éclaire un instant son visage.
Quelques gouttes de sueurs perlent sur le front blanc de la jouvencelle.
L'étreinte se relâche doucement autour des ses poignets.
Sans en comprendre la raison, son front se pose sur le torse musclé.
Fermer les yeux pour mieux surprendre, pour mieux entendre.
Elle se saisit de la glaciale froideur de cette peau si fine.
Un sursaut avant de se reprendre, d'accepter.
Ses doigts se font moins hasardeux et glissent à présent le long des muscles tendus des bras de l'inconnu, cherchant le moindre sillage dessinant ce corps parfait.
avatar
Admin
Admin

Messages : 53
Date d'inscription : 31/10/2010
Age : 29
Localisation : derrière l'écran

Voir le profil de l'utilisateur http://domainedelahmia.forumgratuit.org

Revenir en haut Aller en bas

Re: Sous la Lune de Compiègne

Message  Admin le Sam 24 Mar - 22:25

Hanzymare a écrit:
Le flux de Ghyran se tarît, les branches retenant ce cœur palpitant cédèrent... Avec la vivacité d'un proie, la belle âme fuyait ce lieu maudit.

Il réprima un sourire. Elle avait pourtant dû comprendre qu'elle ne partirait que s'Il le désirait, et telle n'était pas Son humeur...
Les noirs tentacules de Shyish s'enroulèrent le long de Ses jambes et Ténèbres Il Se fît...
Combien de temps laisserait-Il se jeu ignoble perdurer? La lumineuse présence Lui faisait du bien, il s'agissait de prolonger l'instant avant de la laisser rejoindre les siens... Car elle ne mourrait pas ici, pas maintenant, Il avait trop besoin d'elle.

Il était autour d'elle maintenant, s'engouffrant dans ses poumons, perçant d'un froid glacial la fine et délicate toile de ses vêtements, caressant chaque parcelle de peau d'un contact immatériel et pourtant si bénéfique pour Lui.

Les ténèbres se solidifièrent autour de l'éclat lumineux que seul Lui pouvait voir se dégager de l'innocente et quasi divine créature; l'entravant aussi inéluctablement que la marée montante. Il reprit Sa forme honnie même de Lui même...

Il laissa passer plusieurs secondes, elle respire comme un oiseau pris dans les yeux du serpent, et à travers cette poitrine Il respire aussi, sensation oubliée depuis les siècles.

Il se figea un instant. Il manquait quelque chose... La peur était là, plus présente que jamais, Il la sentait et S'en nourrissait avec une coupable délectation, mais il manquait un parfum, le parfum qui mettait le point d'orgue à ce met que seul Lui savourait à sa juste valeur.
L'envie de fuir... Il terrifiait la créature sur laquelle Il avait jeté son dévolu dès Son premier regard, mais elle ne manifestait pas le désir de se dégager...
Elle n'était donc pas venue par hasard en ce lieu évité de tous hormis les plus fous. Elle Le cherchait Lui, tout comme il la cherchait...

Il la libéra de ses entraves... Elle ne marqua même pas un mouvement de recul, au contraire, elle se fit encore plus proche...
Elle irradiait telles les flammes qui engloutirent Sodome et Gomorrhe et Il se noya dans sa lumière intérieure Le laissant paralysé.
Elle L'a vaincu...

Des vagues d'émotions indescriptibles surchargèrent Son cœur froid. Il se sentit... vivant? C'est donc ça la vie?
Le contact de cet ange Le brulait, la délicieuse morsure de la vie sur Son corps non vivant réveilla en Lui une foule d'émotions qu'Il croyait interdites à Sa condition : Du... désir?
Il laissa les doigts de la nymphe de lumière parcourir Sa peau en proie à d'incontrôlables frissons. Ses yeux se voilèrent ne Le laissant percevoir que le vent de Hysh. Il prit peur soudainement... La peur... en Lui.

Il Se dégagea brusquement. Trop de bonté, de douceur... d'amour en elle. Il ne la vaincra pas. Mais était-ce là le but?

Il lui sourit... un sourire simple, sincère et des larmes Lui montèrent aux yeux. Des larmes? Il les pensait taries depuis trop longtemps. Et dire qu'Il pensait Se connaître. Il Lui fallait encore du temps, Sa marque était sur elle désormais... Ils se retrouveraient... bientôt.

Il leva Ses yeux et fixa la lune, puis néant Il Se fit...
avatar
Admin
Admin

Messages : 53
Date d'inscription : 31/10/2010
Age : 29
Localisation : derrière l'écran

Voir le profil de l'utilisateur http://domainedelahmia.forumgratuit.org

Revenir en haut Aller en bas

Re: Sous la Lune de Compiègne

Message  Admin le Sam 24 Mar - 22:25

Ambre_de_lune a écrit:
Candide, elle se berce de cette volupté dont elle n'a pas conscience.
Son coeur chavire entre désir et raison.
Elle se fait plus tendre pour l'attirer à elle mais sa tête lui hurle le danger.
Il ne semble pas vouloir sa mort mais un instinct de survie battait dans ses tempes juvéniles.
Immuable, avide de comprendre, elle laisse son souffle sur sa peau.
De ses lèvres qu'elle laisse glisser, elle laissera une trace à jamais sans même s'en douter.
Tout lui semble étrange en ce lieu réservé aux indomptés.
Etrange...Redoutable de folie, de menaces...
Mais il y a lui, l'inconnu, qui la suit, qui la surprend, qui l'empêche de faire le moindre mouvement.
Qui l'attire tout en la repoussant. Elle ressent cela au plus profond de son corps.
Biche effrayée à l'assaut du guerrier, elle se laisse prendre sans tenter de fuir.
Elle le voulait, consciemment, sciemment...Sans toutefois se douter qu'elle pourrait perdre la vie en un instant.
Le noir obscurcit les alentours sans qu'elle ne puisse distinguer clairement ce visage dont seuls les yeux laissent percevoir une tristesse immense puisque baigné de larmes.
Un mouvement encore pour refermer ses bras autour de lui, pour lui dire qu'il ne doit pas pleurer mais déjà le néant fait place à la matérialité.
Un vide immense soudain envahit son être, elle est vidée de toute force, de toute volonté.
Lentement son corps glisse pour choir, inerte, au pieds du centenaire.
Elle ne peut, elle ne veut...
Un hurlement retenti dans le noir....C'est sa peine qu'elle entend.
Celle qu'elle vient de libérer de son coeur.
En un instant, le silence complet se fait autour d'elle.
Plus un bruit, plus un souffle, plus rien.
Lentement, son corps mué de mouvements saccadés, se redresse.
Petit a petit, la magie de cet instant si fort disparait.
Ses yeux cherchent une issue, la raison a repris ses droits.
Fuir...N'était ce pas ce qu'elle voulait faire?
Des bruits de pas rapides raisonnent à présents.
Des pas légers comme ceux qu'un faon laisserait sur son passage. Très vite, le silence revint au cimetière.
Il 'y eu plus ni souffle, ni lumière.
Seul la présence du Maîstre planait encore dans cet endroit interdit.



avatar
Admin
Admin

Messages : 53
Date d'inscription : 31/10/2010
Age : 29
Localisation : derrière l'écran

Voir le profil de l'utilisateur http://domainedelahmia.forumgratuit.org

Revenir en haut Aller en bas

Re: Sous la Lune de Compiègne

Message  Admin le Sam 24 Mar - 22:26

Florence.la.douce a écrit:
Quel étrange endroit!

Florence passait pour la toute première fois aux abord de ce coin un peu obscur qui longeait le cimetière.
Elle frissonna quand elle regarda autour d'elle.
Lugubre et froid! Voilà ce qu'elle pensait de ce petit coin perdu que personne ne fréquentait qu'au gré d'un malheureux hasard.
La jeune femme pressa le pas et se mit à courir en direction du village.
Son imagination galopante lui fit même entrevoir des branches d'arbres voulant la saisir.
Un cri effraya le gibier aux alentour et la course de la jeune femme reprit de plus belle.
avatar
Admin
Admin

Messages : 53
Date d'inscription : 31/10/2010
Age : 29
Localisation : derrière l'écran

Voir le profil de l'utilisateur http://domainedelahmia.forumgratuit.org

Revenir en haut Aller en bas

Re: Sous la Lune de Compiègne

Message  Admin le Sam 24 Mar - 22:26

Hanzymare a écrit:
Après des jours de catatonie, Sa douleur Le réveilla.
La lumière qu'Il croyait inaltérable s'était éteinte... Les ténèbres d'un noir de catacombes L'entourait à présent, perdu qu'Il était dans Sa solitude éternelle.
Étrange combat intérieur : en réponse à la douleur, Il opposait violence et haine de Lui même...

Il erra sans but dans Son cimetière captant de Ses sens surhumains les effluves d'une présence qui fut ici un temps, un temps révolu à présent...

Chaque souvenir qu'Il voulut honnis était une lame d'argent dans Ses chairs. Chaque pas en avant Lui coûtait un effort de volonté ...

A genoux parmi les édifices de pierre, témoignage de la présence d'un être aimé sous chaque dalle, Son âme hurla Sa haine. Un cri d'un assourdissant mutisme que seuls les vivants ne pouvaient entendre mais qui les faisait frissonner sans raison apparente...
Un cri qui cependant sonnait le glas de toutes les âmes égarées en ce lieu...

A genoux au milieu d'une masse de vermines attirées par Sa présence, Il cristallisa les âmes errantes maintenant soumises à Sa volonté.
Les chrysalides ainsi formées, immondes vers blanchâtre dans lesquels Il pouvait voir les visages hurler silencieusement, rampèrent dans le vain espoir d'échapper à leur destruction.

Un spectral rire sans joie s'échappa de Sa bouche écumante alors qu'Il en prie une dans Ses mains en une parodie de tendresse. Il resserra doucement son étreinte jusqu'à ce qu'il entendit le bruit écœurant semblable à celui d'un fruit trop mûr qui éclate sous l'influence d'un soleil d'été. Une humeur noirâtre s'échappa de la chrysalide alors que son gémissement aurait suffit à rendre fou le plus solide des guerriers...

Et Il riait, dansant tel un damné parmi ces pitoyables âmes, en broyant une, en mangeant une autre...

Quand Sa folie destructrice prit fin, une fois la dernière âme absorbée, surchargé qu'Il était par le vent de Shyysh, Il regarda avec hébétement autour de Lui...
Le silence qui Le rassurait tout en Lui promettant mille tourment était redevenu maitre des lieux. Repu qu'Il était, Sa lucidité revint en lui...

Une lumière s'était éteinte... Il ne lui en voulait pas. La lumière et les ténèbres sont en perpétuel balancement, deux principes antagonistes...

Une autre lumière viendrait pour chasser Sa solitude, Il le savait.
Il suffirait juste de faire montre de patience, patience qu'Il avait mis des siècles à dominer...

Un sourire de satisfaction illumina Son visage millénaire, ne voyait-Il pas au loin poindre une faible lueur? Lueur qui deviendrait lumière, puis phare, puis brasier dans lequel Il consumerait Sa solitude...

Il laissa échapper un rire, puis se dissout dans les ombres...
avatar
Admin
Admin

Messages : 53
Date d'inscription : 31/10/2010
Age : 29
Localisation : derrière l'écran

Voir le profil de l'utilisateur http://domainedelahmia.forumgratuit.org

Revenir en haut Aller en bas

Re: Sous la Lune de Compiègne

Message  Admin le Sam 24 Mar - 22:27

Hanzymare a écrit:
Étrange sensation qui Le sortit de Son sommeil sans vie...

Il avait manqué de prudence... Un tort de croire les mortels si aveuglés par leur petite vie qu'Il passerait inaperçu.

Certaine personne était à l'écoute et n'attendait que Son cri pour Le repérer. Mais n'était-ce pas là le but? Qu'Il voulait Se montrer à elle tel qu'Il était... Il l'appelait...

Cependant, la lumière n'était pas la seule a L'avoir entendu, les ténèbres aussi...

Il les avait reconnu, Sa progéniture approchait, la lignée dont Il était le Père à défaut d'en être le chef.

Il avait senti depuis longtemps qu'une de Ses filles, Iolanthe, Le cherchait, même s'Il en ignorait encore la motivation.

Il s'assit sur une pierre, humant la mort, se repaissant de Shyysh et ressassant Ses sombres souvenirs cinq mille années plus tôt.

Sa fille, de loin Sa préférée parmi Son engeance, n'était pas hors de danger, bien qu'elle ne s'en rendit probablement pas compte.
Elle avait désobéit aux ordres de sa reine si elle venait pour Lui et cette dernière ne lui pardonnerait pas telle trahison;
Le doute avait du germer dans l'esprit de la reine pour qu'elle envoya ses suivantes à la poursuite de la fautive...

Traquée par ses propres sœurs, Ses propres filles... Si c'était le cas, Il viendrait à son assistance, elle qui avait bravé les interdits pour Le retrouver et connaître la vérité.

Et puis, si Iolanthe était rejetée de sa lignée, peut-être pourrait-Il lui offrir asile au sein de Sa seconde lignée dont l'évocation est synonyme de mystère même dans les cercles supérieurs des Princes de la Nuit.

Il se leva l'esprit embrumé par les fils de l'avenir qui se tissaient irrémédiablement et fit un détour pour Se nourrir aux dépends d'une victime anonyme, un vagabond qui avait eu la malchance de Le croiser cette nuit là...

Il semblait qu'Il ne trouverait pas la paix tant qu'Il vivrait... Partout où Il posait le pied, Il amenait avec lui la Guerre Éternelle... Et Compiègne serait le lieu de la prochaine bataille, la bataille des immortels pour la domination de la non vie.

Il laissa écouler une larme et retourna errer dans les Limbes jusqu'à Son prochain réveil...
avatar
Admin
Admin

Messages : 53
Date d'inscription : 31/10/2010
Age : 29
Localisation : derrière l'écran

Voir le profil de l'utilisateur http://domainedelahmia.forumgratuit.org

Revenir en haut Aller en bas

Re: Sous la Lune de Compiègne

Message  Admin le Sam 24 Mar - 22:28

Iolanthe a écrit:



" _...et ou chassiez vous donc?mon noble et beau Seigneur?
Ce soir sur quelles brisées avez vous giboyé?
_ Jusqu'au château en ruine, ma belle damoiselle.
Car c'est là que les Loups se cachent de la Lune, oui c'est la que se cachent les Loups de la lune.
_ Qui vous accompagnait, mon noble et beau Seigneur?
Ce soir qui donc à vos cotés était venu chasser?
_ Je suis sorti ce soir avec un étranger, ma belle damoiselle
Dont les yeux rougeoyaient dans le rayon de lune, oui dont les yeux étaient rouges au reflet de la lune.
_ Quel était le gibier, mon noble et beau Seigneur?
Ce soir, quel était le gibier que vous avez traqué?
_ C'est mon sang qu'il voulait , belle damoiselle.
Et c'etait moi la proie qui courait sous la lune. Oui c'était moi la proie qui courait sous la lune.
_ Pourquoi êtes vous rentré, mon noble et beau Seigneur?
Ce soir, pourquoi revenir en notre beau foyer?
_ Je m'en suis revenu festoyer, ma belle damoiselle
Car vous êtes si belle sous les yeux de la lune. Et j'aurais votre sang sous les yeux de la lune.

Sa jeune vie à coulé sous le rayon de la lune. Au blason du Dragon Noir elle repose à jamais
"

Cette histoire, de Marcellan le Magnifique me revenait en tête, alors que j'approchais...

J'avais parcourue tant de chemin, vu tant de Lunes, tant d'époques différentes et pourtant au tréfonds de mes entrailles, je ne pouvais L'oublier, Lui, le Père...
Je n'étais pas resté sourde à ses appels, mais je sentais qu'il ne m'appelais pas moi..mais sa Lumière...

Fine silhouette silencieuse dans la nuit, drapée de tissus vaporeux et translucide, cheveux long et noir comme l'ébène, flottant au vent. Seul ses yeux mordorés étaient visible dans l'obscurité nocturne.
Fine silhouette qui file au vent, vers un but précis, fine silhouette que nul n'arrête...

J'arrivais enfin près de Lui. Sous un rayon de Lune qui blanchissait davantage sa peau pale et rehaussait son port altier, il était là, perdu dans ses lointaines pensées...Pensait il à elle? Yeux qui se plissent, lèvres qui se crispent, poing qui se sert, jalousie quand tu nous tient! Oui, je l'aimais ce Père, peut être trop? Peut être de manière trop intense et surement pas que d'un amour filiale..mais ça...je m'étais promis qu'il ne le découvrirait jamais. Ravalant ma colère, je calmais mes sens et l'observais de loin.
Des doutes, j'avais des doutes mais comment m'en assurer? Si c'était vrai, me laisserait il la vie sauve? Et si j'avais tord?Pardonnerait il mes soupçons? J'avais déjà offensé la Reine par mes actions précédente, je n'avais pas réussis à mener à bien ma dernière mission et là était pour moi, si mes soupçons se révélaient exact, la possibilité de faire un coup d'éclat. Le choix était là, Cornélien, trahir, mourir, de qui, par qui?

A le voir ainsi, si beau dans ses Ténèbres, si inaccessible, si attirant... Mon corps qui s'émeut, mes mains qui aimeraient le caresser, mon cœur qui l'implore...Et mes pensées qui s'égarent...Quand un bruit survient...une âme d'enfant...si tard le soir?
Un ricanement m'échappe
, Sont ils fous ces humains? Petite, tu sera mon offrande...

Vapeur blanche, je devint, pour réapparaitre derrière la jeune fille et sans un bruit la plonge dans un sommeil sans fin.
L'enfant, évanouie dans mes bras, sera un repas de choix pour Lui...

Apparaissant devant Hanzymare dans une fumée blanche, je m'agenouille face à lui et lui tends mon Présent sans un mot....attendant une réaction de sa part....
avatar
Admin
Admin

Messages : 53
Date d'inscription : 31/10/2010
Age : 29
Localisation : derrière l'écran

Voir le profil de l'utilisateur http://domainedelahmia.forumgratuit.org

Revenir en haut Aller en bas

Re: Sous la Lune de Compiègne

Message  Admin le Sam 24 Mar - 22:29

Duchess_of_The_Ghastly a écrit:
Les Ombres… Elles se peuplaient de vie… De vie ? Non pas vraiment. Qu’était ce ? Le silence n’était plus, avait il un jour était vraiment ? Les doutes l’environnait, toujours ses questions dans sa tête, était ce que toutes les règles avaient changées ?

Comment s’intéresser à ses jours quand ses nuits étaient hantées ? Il existait, une certitude! Mais Il n’était pas seul… Quel monde vivait dans les ténèbres ? Quand Il l’attirait comment s’intéresser au présent ? Le passé pour souvenir, passé de Lui… Son appel qui résonne toujours, Il devient de plus en plus pressant, l’écoutera t’elle ?

Elle est en manque, en manque d’une chose qu’elle ne comprend pas… Elle change, déjà les Ombres sont plus accueillantes et plus vivantes, la lumière du jour se fait pâleur, sans valeur… Le masque tombe, sa parodie de plus en plus difficile à tenir, elle se libère des apparences pour Lui…

Quelle place avait-elle ? Il sera son univers mais était elle assez pour Lui ? Son appel venait du fond des âges, immortel, inhumain, insoutenable toujours…

L’entre deux, entre doutes et certitudes, entre passé et avenir… Contre le temps et l’espace… Lui ! Le seul qui comptait vraiment…

Tôt ou tard, elle sera Sienne… Ne pouvait plus être sans Lui, elle se consume dans son attente… Avait-Il besoin d’elle ? Pourquoi ? Elle se sentait victime et victorieuse, elle l’entendait, l’avait Il choisie ? Qu’elle pouvoir avait fait qu’elle l’entendait ? Elle Le sentait, Sa présence par instants plus forte, Sa douleur… Il avait mal… Mal ?

Intense désir de Le soulager… Le rejoindre, Le sauver ou se perdre… Pourquoi ? Elle ne Le connaissait pas, ne savait pas ce qu’Il était… Comment sentait-elle tout cela dans l’air? Les ténèbres se font ressentis, elles lui parlent ? Comment ???

Depuis quand sentait elle des choses ainsi ? Devenait-elle folle ? Sans doute… Qu’importe elle brulerait ses jours en Lui, plus rien n’avait de sens si ce n’est Son existence…


Elle reviendra… Sous la lune de Compiègne…….
avatar
Admin
Admin

Messages : 53
Date d'inscription : 31/10/2010
Age : 29
Localisation : derrière l'écran

Voir le profil de l'utilisateur http://domainedelahmia.forumgratuit.org

Revenir en haut Aller en bas

Re: Sous la Lune de Compiègne

Message  Admin le Sam 24 Mar - 22:29

hanzymare a écrit:
La lumière... Elle L'environnait de toute part, Lui réchauffait le cœur.
Son brasier avait entendu Sa muette supplique et approchait inexorablement pour Son plus grand soulagement, comment vivre sans elle...

Las, Son cri ne fut pas entendu que par son destinataire, d'autres âmes impies approchaient à grand pas et se trouvaient déjà si proches... trop proches.

Il leva brusquement la tête et réprima un sourire énigmatique : Iolanthe était là, se croyant aussi discrète que possible, utopique tentative.

Il la regarda Le regarder, affectant de ne point la remarquer et chuchota pour Lui même :
Surveille tes arrières ma fille, le danger que je représente est imparable alors tâche au moins d'esquiver celui qui t'arrive...


Enfin elle s'ébranla, Il sourit sinistrement, elle ne manquait pas de courage. Elle avait prit la précaution de L'amadouer avec un présent.

Il se redressa de toute Sa hauteur et plongea Son regard éternel dans celui de Sa fille sans un mot. Quand celle ci s'agenouilla, Il daigna ouvrir la bouche et S'exprima d'une voix aussi douce que d'une profondeur sans fin dans une langue oubliée depuis des millénaires :

Tu amène la Guerre Éternelle avec toi et elle n'est pas la bienvenue en mon refuge...

Il posa Son regard, le regard de la fin des temps, sur la pucelle inanimée et celle ci ouvrit de grands yeux hébétés puis se redressa. L'inconnue d'un soir s'approcha doucement de Lui et se réfugia grelottante, les yeux noyés de larmes de reconnaissance, dans Ses bras ouverts en une parodie de tendresse...
Il la serra presque affectueusement contre Lui et lécha le divin nectar qui perlait sur ses joues si fraîches. La jeune femme plongea son regard sur deux puits noirs, fatale erreur qui précipita sa chute de l'état de grâce.

Ses cheveux blanchirent brusquement tandis que sa peau prit une teinte grisâtre. Elle poussa un cri muet de terreur pure qui Le fit vibrer d'extase, et exhala en même temps son souffle vital. Ghyran, Aqshy, Hysh et un soupçon de Ghur quittèrent ce corps maintenant dépossédé de son âme, et Il s'appliqua à les malaxer, les broyer, les composer pour en faire un brouet de Dhar si concentré qu'il en aurait presque été visible des mortels...
Il ferma Ses yeux et inhala cette soupe primitive de pure magie noire tandis que le corps désormais sans vie s'affala à terre, le visage à même la terre humide gangrénée de vermines en tout genre...

Il était en paix avec Lui même, la souffrance n'était plus qu'un voile distant, un rideau de pluie. Quelle exquise condition que la Sienne dans telle circonstance, et Il s'égara quelques instants hors de la pensée et du temps...

La menace diffuse Le ramena à cette honnie réalité. Il ouvrit les yeux et les posa sur Sa fille :

Tu n'es pas venue seule quel que soit ton but, tes sœurs te suivent. Il semblerait que malgré tous mes efforts Nefferata ne m'ait pas oublié.
Toi, tu es là pour moi, mais elles, sont-elles là pour toi?
Quel est l'objet de ta requête? Non sans raison se déplacent les Lahmianes, et encore moins en groupe...


Il se rassit, le temps était compté maintenant. Il n'était pas question d'amener la Guerre Éternelle en cette ville peuplée de vivants. Son phare se rapprochait dangereusement, inconsciente des invisibles dangers que représentaient l'arrivée de Ses pairs. Elle n'en serait pas la victime, Il se l'était promis...

Il posa sur Sa fille Son regard d'où brillaient désormais des étincelles noires de Dhar et attendit une réponse qui dégagerait probablement un fil d'avenir parmi l'écheveau des possibles...
avatar
Admin
Admin

Messages : 53
Date d'inscription : 31/10/2010
Age : 29
Localisation : derrière l'écran

Voir le profil de l'utilisateur http://domainedelahmia.forumgratuit.org

Revenir en haut Aller en bas

Re: Sous la Lune de Compiègne

Message  Admin le Sam 24 Mar - 22:30

Iolanthe a écrit:



Mon présent si appétissant n'est plus qu'un tas de poussières au sol. Il lève enfin ses yeux sur moi et de sa bouche résonne comme une prophétie :


Code:
Tu n'es pas venue seule quel que soit ton but, tes soeurs te suivent. Il semblerait que malgré tous mes efforts Nefferata ne m'ait pas oublié.
Toi, tu es là pour moi, mais elles, sont-elles là pour toi?
Quel est l'objet de ta requête? Non sans raison se déplacent les Lahmianes, et encore moins en groupe...


Me relevant, je le regarde dans les yeux avant de répondre à voix basse

J'ai fauté, je n'ai pas respecté un ordre donné...Elles m'ont pris ma fille mais cela ne semble point suffire. Je pensais les avoir semé en Artois mais à priori je me trompais encore si vous les ressentez comme je les ressent.

Regard autours d'elle et fermant les yeux...elles approchent...

M'agenouillant face à lui, les yeux baissés, je repris


Je suis venue chercher protection auprès de vous. Ma situation est délicate,vous l'avez deviné. Néanmoins, j'ai eu vent d'une rumeur..
.

Je marquais une pause avant de relever la tête :

Votre Lumière semble en danger, Père...

Nouvelle pause, proposer son aide pour sauver la vie de cette humaine et néanmoins concurrente m'étais dur mais si cela était le prix à payer pour être auprès de Lui...

Laissez moi vous aider, vous secondez, je vous prie!
avatar
Admin
Admin

Messages : 53
Date d'inscription : 31/10/2010
Age : 29
Localisation : derrière l'écran

Voir le profil de l'utilisateur http://domainedelahmia.forumgratuit.org

Revenir en haut Aller en bas

Re: Sous la Lune de Compiègne

Message  Admin le Sam 24 Mar - 22:30

Hanzymare a écrit:
Il la regardait se confondre en explications un énigmatique sourire aux lèvres. Comme si Lui n'était pas au courant de la situation dans laquelle Sa fille s'était mise.

Un soupçon de ...tendresse? semblait poindre sur Son visage : ainsi elle était partie en quête de protection. Et pourquoi pas après tout. Pourquoi n'en ferait-Il pas un membre de Sa lignée, les invisibles Nécrarques. Personne ne maitrisait mieux la Dhar que Sa lignée secrète, triée sur le volet parmi les meilleurs nécromants que la terre portait.
Le destin de Sa fille ne serait pas meilleur, mais la Guerre Éternelle continuerait tant que plusieurs lignées coexisteraient... Il lui faudrait bien trahir Sa Reine un jour et récupérer Son dû, Ses filles.

Un plan commençait à émerger de Son cerveau corrompu quand soudain le couperet tomba tel un fouet de flammes lacérant Son cœur.

Se forçant en une parodie de calme intérieur, Il tourna Son esprit vers Sa Lumière. Trot tard cependant, le doute L'envahit, la crainte de perdre Son bien le plus précieux Le taraudait aussi insidieusement que des parasites vrillant Son crâne.

Iolanthe avait raison, Il sentit autour de son Phare des ombres qu'Il ne connaissait que trop bien. Dans Son arrogance, Il croyait Sa Lumière en sécurité auprès de Lui... Mais tout ce qui touche un Nécrarque se corrompt invariablement.

Une douleur sans borne s'empara de Lui. La rage et la haine se battirent pour prendre possession de ce corps maintenant sujets à des tremblements incontrôlables.
Le masque d'apparence humaine qu'Il portait en permanence tomba pour révéler Sa véritable apparence : un vieillard décharné, osseux sur lequel une peau aussi fine qu'un parchemin craquelé par les affres du temps était tendue à l'extrême.
Ses oreilles prirent l'apparence de celles des chauves-souris alors que Ses prunelles noires s'enfoncèrent profondément dans Ses orbites. De longs crocs sortirent d'une bouche blessée par la psalmodie de magies impies pendant trop d'années, alors que Ses doigts se tordirent tels ceux des vieillards rongés par l'arthrite pendant que de vilaines griffes d'où suintaient une humeur méphitique et noirâtre firent leur apparition.

La Dhar tourbillonnait autour de Lui en un vortex effrayant pour ceux qui pouvaient le sentir. Azyr fut fondu dans ce creuset impie ce qui déclencha de violents souffles de vents annonciateurs d'une tempête sans précédent dont la puissance laissait présager le pire pour la forêt bordant Compiègne...

Il était perdu, tout contrôle de Lui-même s'était envolé aussi facilement qu'un épi de blé face à une faux aussi implacable que la mort elle-même. La douleur L'aveuglait. Il hurla de toute Son Âme, hurlement accompagné d'un voix rauque due à Ses cordes vocales déformées et asséchées depuis longtemps. Au paroxysme de ce hurlement, des éclairs zébrèrent le ciel d'un noir de mausolée alors que la vermine sortie de la terre putride du cimetière s'amassa auprès de Lui en une nuée compacte, grouillante et rampante formant un piédestal sur lequel Il était sis.

La folie brillait dans Son regard quand Il le posa sur Sa fille :

Elles ne me la prendront pas... Les tourments que je leur promet pour avoir osé lever la main sur elle consumeront leur âme. Viens à moi et bats-toi à mes côtés. Nous verrons ce que je fais de toi ensuite...

Il se tut, s'enfermant en Lui-même avant de psalmodier en Haut Néhékharéen une antique incantation qu'Il n'avait pas prononcé depuis la chute de Lahmia.

La tempête faisait rage quand après une heure de murmures impies la terre humide et moisie du cimetière se retourna d'elle-même comme labourée par un invisible paysan.
Ça et là, une main décharnée sortit des monticules trahissant un occupant mort depuis longtemps. Des corps à divers stades de décomposition sortirent de leur lit pour s'immobiliser à quelques mètres de leur nouveau Seigneur et Maître qui les regardait avec une douce et malsaine satisfaction.
Lorsqu'une quarantaine de serviteurs s'agenouillèrent à Ses pieds, Il appela Sekh, Sa monture ailée qui L'avait servi ces cinq derniers millénaires, portant Sa personne et la Guerre Éternelle vers Ses ennemis.

Allons ma fille, allons accueillir tes sœurs. Et montrons leur qu'on ne se dresse pas contre ma volonté impunément. Ce qui est librement donné peut être tout aussi facilement repris. Allons reprendre la seconde vie que je leur ai donné...

Il se leva de Son trône de vermine à la tête de Sa nouvelle garde personnelle et Se dirigea sous une pluie battante vers les damnées qui avaient osé éveiller Sa colère.

Sans un bruit hormis celui du cliquetis des os s'entrechoquant, les deux fois nés le suivirent d'un même pas...
avatar
Admin
Admin

Messages : 53
Date d'inscription : 31/10/2010
Age : 29
Localisation : derrière l'écran

Voir le profil de l'utilisateur http://domainedelahmia.forumgratuit.org

Revenir en haut Aller en bas

Re: Sous la Lune de Compiègne

Message  Admin le Sam 24 Mar - 22:31

Duchess_of_The_Ghastly a écrit:
Des jours, des semaines s’étaient écoulées, la paix l’avait désertée mais elle s’était enfin décidée à revenir… Chevauchant jour et nuits, sans relâche pour pouvoir Le rejoindre, répondre a Son appel, avoir enfin les réponses a toutes les questions qui la taraudaient…

Les lieus défilaient sous les sabots de son cheval, cette route déjà empruntée, les paysages se fondaient en une brume sans couleur, rien n’importait que d’atteindre son but, Le retrouver, Le connaitre…

Elle se rapprochait, plus que deux ou trois nuits et elle serait à Lui…

Nuit sans lune, petite pause pour faire boire son cheval, casser la glace d’une marre gelée pour permettre a sa monture de se désaltérer, quelques pas dans une fine couche de neige… Le froid de l’Hiver…

Rien comparé a celui de Son absence…

Moment de solitude et de concentration pour écouter Son cri, être bien sure d’en être la destinataire, ouvrir son âme et tenter d’y envoyer réponse apaisante par la pensée… inaudible torsion de la réalité autours d’elle…

Lui ? Déjà ? Enfin ? Non…

Six ombres qui se font silhouettes féminines d’une fascinante beauté, des visages de sublimes traqueuses à ensorceler leurs victimes… Comme l’homme doit être heureux de mourir des mains de tels anges des enfers…

Quelques mots échangés entre elles, la demoiselle ne comprend pas cette langue… Qui sont-elles ? Est ce Lui qui les envois ? L’une s’avance, s’adressant dans cet étrange langage à la jeune femme qui cache sa frayeur grandissante derrière un masque qu’elle espère impassible, dérisoire tentative qui ne la convainc pas elle même…

Elle n’est pas de taille à lutter…

En moins d’une seconde, avec moins de bruit qu’il n’en faut a une feuille pour tomber sur l’herbe, elle est paralysée par elle ne sait quelle magie, ne peut plus bouger, souris devant le serpent qui l’hypnotise… Elle se retrouve prisonnière de ces étranges femmes, différentes et semblables à la fois…

Quel sors lui est réservé ? La voici entravée mais aucun mal ne lui est fait, pourtant aucun doute qu’elle pourrait déjà avoir vu cent fois la mort en quelques minutes qu’avait duré la scène…

[Quelques jours plus tard]

Des nuits ont passées, ses gardiennes la traitent bien, enfin elles ne la maltraitent pas et c’est déjà bien… Elles semblent attendre quelque chose… Le silence règne la plupart du temps et la prisonnière peut aller et venir quasi a volonté dans cet environnement restreint a un feu de camp et une trentaine de mètres de clairière… mais elle a beau faire, n’arrive pas à s’évader, elles ne la lâchent pas, a croire qu’elles n’ont besoin de dormir…

Il n’est pas loin pourtant, elle Le sent… Qu’attend-t-Il ?

Une nuit, alors que la lune éclaire la terre de son regard indifférent Son cri résonne avec une puissance jamais égalée, en quelques secondes le ciel se couvre d’énormes nuages noirs et la tempête se déchaine… Elles laissent paraitre une agitation étrange, entre excitation et peur… l’heure du châtiment a-t-elle sonnée ?

Qu’allait-il lui arriver ? Les femmes-ombres forment cercle autours d’elle, comme lorsqu’elle fut capturée, est ce pour la protéger ? L’offrir en sacrifice a quelque force du mal ? Le silence troublé par la pluie battante semble s’étirer en longueur, prendre de l’importance, une opacité presque palpable qui présage tous les dangers…

L’attente…
avatar
Admin
Admin

Messages : 53
Date d'inscription : 31/10/2010
Age : 29
Localisation : derrière l'écran

Voir le profil de l'utilisateur http://domainedelahmia.forumgratuit.org

Revenir en haut Aller en bas

Re: Sous la Lune de Compiègne

Message  Admin le Sam 24 Mar - 22:31

Iolanthe a écrit:
Elles ne me la prendront pas... Les tourments que je leur promets pour avoir osé lever la main sur elle consumeront leur âme. Viens à moi et bats-toi à mes côtés. Nous verrons ce que je fais de toi ensuite...


Je baissais un peu plus mon regard, voyant la haine prendre possession de tout Son être… Il se mit à incanter comme au temps jadis, avant que la guerre éternelle ne s’éparpille… je le regardais, fascinée par Sa puissance, le temps se figea, j’en profitais pour me souvenir de la rencontre avec mes sœurs quelques jours avant…

[Quand une Sœur joue avec le destin...

Après la mort du seul enfant que je pouvais porter en mon sein, une haine m'avais envahie contre mes consœurs. Une haine que de simples mots ne pourraient retranscrire et dont des malheureux rencontrés sur mon chemin firent les frais.

Dans mon esprit torturé m'était venue une idée...une idée perverse, une idée sanglante !
Suite à certaines investigations, j'avais retrouvé le Père... Notre Père mais aussi celui des Nécrarques. Le Père, le seul amour véritable, ma lumière, ma voix, mon âme...je lui avais tout donné le jour ou il me fit telle que je suis aujourd'hui. Celui là même qui daignait partager son cœur avec une humaine !

Je ravalais ma colère, j'approchais de mes sœurs...Elles ne devraient sentir ma haine à leur encontre ni le destin sanglant auquel je les envoyais.

Leurs présences étaient manifeste, je me posais au sol et repris ma forme véritable, femme aux long cheveux ébènes et yeux mordorés. Silence qui se fait, elles m'ont sentit elles aussi.

Abrahel s'approche de moi, silhouette semblable à la mienne et différente en même temps. Bras croisés sur la poitrine, fléchissement de genoux, salutation, elle qui en fait de même.

Dans une langue inconnue des mortels, je m'adresse à elle d'une voix basse, quasi spectrale :

_ Alors, Vous l'avez trouvée ? La lumière ?

_ Oui...Elle est non loin, on vous attendais...

_ Bien..Alors, ne tardons pas, elle n'a pas toute l'éternité...elle.

Après ce bref échange, nous nous mîmes en route, formant à nous six, un semblant de brume blanche. Fin serpent blanc qui se faufile entre les arbres, approchant silencieusement de la silhouette encapuchonnée qui semble se dégourdir les jambes.

C'est elle, cette humaine qu'il désire alors ! Dégout et mépris envers l'humaine, alors que nous l'encerclons rapidement avant de lui dévoiler nos visages.

Humant chacune avec délectation la peur qui émane d'elle, alors qu'elle ose nous regarder de front. Du caractère la petite humaine, à n'en point douter, est ce cela qui l'a attirer ?

Abrahel s'adresse à moi à nouveau dans cette langue qu'elle ne peut comprendre :

_ Et maintenant ? On la tue ?

_ Non point, ma Sœur, patience, son calvaire viendra bientôt...Et surement de mes mains si je le peux pensais je. Vous pourrez alors à loisir vous repaitre de son âme à jamais entre la vie et la mort...
Et je leur avais laissée en garde, avançant seule a la rencontre de Père, jouant mon destin autant que ma vie mais prête a tout par amour de Lui…]

Allons ma fille, allons accueillir tes sœurs. Et montrons leur qu'on ne se dresse pas contre ma volonté impunément. Ce qui est librement donné peut être tout aussi facilement repris. Allons reprendre la seconde vie que je leur ai donné...


Ainsi il voulait mon aide… mon Père, mon aimé… Je relevais la tête, l’amour que je Lui portais consumait mon âme, ce qu’Il ne savait pas c’est que j’allais Le trahir, Sa lumière, j’avais participé a son enlèvement… j’avais du me retenir a grande peine de la réduire a néant, de lacérer son corps et son esprit qu’Il aimait, elle, la mortelle qui n’avait conscience de la chance qu’elle avait.

Elle n’était rien et je la haïssais, d’être lumière quand je n’étais que fille d’obscurité, obscurité peut être mais j’étais Sa fille ! La colère grondait en moi, elle enflait malgré la beauté réelle que Père avait prise je n’allais pas tenir, l’armée de morts qu’Il avait invoquée suffirait t’elle ?

Je me relevais, la position soumise que j’avais depuis le départ commençait à me peser, il était temps de choisir : Le suivre ou la faire sombrer, c’était pour elle qu’il avait pris sa véritable apparence, pour la sauver.

Une haine telle que je n’en avais jamais connue pris possession de moi… Non ! Elle ne l’aura pas ! Il était mon Père et j’étais Sienne a jamais !
Il passa devant moi suivit de sa cohorte de damnés, j’avais donc le choix… Anéantir mes sœurs parce qu’elles avaient pris ma fille, rester dans l’ombre de mon Père pendant que lui se réchauffait de Sa lumière… Ma haine pris des proportions terribles, je ne pouvais pas !

Les derniers membres de l’escorte défilaient devant moi, indifférents à mes tourments, la pluie battante me transperçait même si elle n’avait pas ce pouvoir… je me fis fin ruban de brume pour réapparaitre devant mon Père, me jetant a ses pieds :

Je vous en prie non ! Elle n’est rien qu’une humaine ! Rien qu’un appétissant plat à déguster et oublier… Elle ne saura vous combler…

Je ne pouvais pas le supporter, la souffrance se mêlait à ma colère, l’amour et la haine dans un curieux mélange qui me dévastait, je relevais mes yeux d’immortelle pour les croiser avec les Siens, espérant qu’Il y lirait mon âme et ce que je pouvais lui apportait à la différence de cette misérable humaine trop brillante…

Contre lui je n'etais pas de taille a lutter mais elle, j'aurais du la tuer quand on l'a capturée, je réparerais cette erreur des que possible...
avatar
Admin
Admin

Messages : 53
Date d'inscription : 31/10/2010
Age : 29
Localisation : derrière l'écran

Voir le profil de l'utilisateur http://domainedelahmia.forumgratuit.org

Revenir en haut Aller en bas

Re: Sous la Lune de Compiègne

Message  Admin le Sam 24 Mar - 22:32

Kirsten a écrit:
Lysianor... tel était le nom de sa grand mère, elle avait échappé de peu a la peste, ses parents déjà bien malade l'avait confiée a une caravane de gens du voyage qui passait par la, eux cupides avait pourtant bien voulu prendre le bébé qu'elle était alors, l'avait élevée comme l'une des leurs, c'est a l'adolescence qu'elle avait été convoquée par les anciens, son destin n'était pas le même que les autres, sa peau trop pale par rapport a celles de ses compagnes de danses et aux autres... qu'elle n'avait jamais compris.

Vers une quinzaine d'année, âge ou tous avait soit mariage soit promis elle n'avait eu personne de désigné, on lui avait dit que son destin n'était pas d'avoir des enfants mais bien plus noble et tragique que cela, un soir, la minuit était déjà passée, l'ancienne la fit appelée et lui raconta les vieilles histoires, celle de vampires au milieu des hommes, d'êtres des ténèbres qui hantait la nuit de leurs maléfique présence, des buveurs de sangs...

Elle partit, forte de ce savoir et prête a combattre cet engeance infernale, ses origines lui furent révélées, elle était née au nord du royaume de France, curieux cette habitude que de mettre des frontières aux terres et donc, Duché de Champagne, village de Compiègne furent sa destination, revoir sa famille enfin s'il en restait, nombreux combats occultes en chemin, elle avait mis du temps a revenir, près de dix années en tuant les vampires qu'elle croisait, ses débuts maladroit, une chance inouïe d'avoir survécut pour enfin arriver a son but...

Elle y était depuis quelques mois, aucune trace de sa famille mais par contre le village portait les stigmates de présence pas tout à fait vivante mais pas morte non plus, des disparitions inexpliquées, des superstitions... La trace d'un vampire, a la fréquence des disparitions, pas un jeune assurément, les jeunes tuaient n'importe comment et très souvent, celui ci méthodique, insaisissable, tuait peu, de longues périodes de retrait suivit d'un ou deux meurtres...

Un soir, des bruits courraient, disparitions en série aux abords de Compiègne, l'Artois surtout, on en entendait beaucoup tard dans les tavernes et surtout les moins reluisantes... des pillards ? Pas le mode opératoire des brigands, les cadavres, quand on les retrouvait était exsangues... d'autres vampires, ou un jeune... L'ancien avait il fait un adepte ?

Kirsten observait discrètement les traces que d'autres ne percevait pas, au cimetière particulièrement, lieux de prédilections des damnés quand il ne poussait pas l'infamie jusqu'a louer des maisons ou châteaux dans les environs, elle les méprisait, ces parodies d'humains sanguinaires, elle devait les éliminer...

Une nuit, elle coiffait ses cheveux d'ébène devant un miroir craquelé, une chambre crasseuse dans un quelconque bouge, l'hôtelier peu regardant, elle était bien faite de sa personne et payait comptant, il n'allait pas perdre un si bon filon malgré les étranges exigence de sa cliente, protéger sa chambre, y pendre de l'ail...

Le temps changea, d'un ciel clair mais plombé de neige on passa a une terrible tempête éclairs et averses donnaient le ton, assurément ce n'était pas le fait d'une météorologie habituelle de cette contrée, ceignant ses armes, cachée dans sa sombre cape elle sortit se fondre dans la nuit, ses pas forcement la menèrent vers le cimetière, elle s'y plaça en embuscade, vit des silhouettes s'agiter, un homme assis, une femme, plissant les yeux elle vit que cet homme n'en était pas un, un monstre aurait été plus vrai qu'un homme, ainsi c'était lui le vampire mais la femme en face?

Elle était peu couverte, sa soumission et l'absence de peur prouvait qu'elle n'était pas surprise, sous l'influence d'un sortilège ? Vampire elle même ?
L'homme, non le vampire fit un geste, récitant ce qu'elle était trop loin pour entendre, la terre se retourna, des corps s'en élevèrent, Kirst en eu le cœur au bord des lèvres, pourtant elle était habituée...

Oh mon dieu!...

Elle plaça la main gantée de cuir devant ses lèvres, espérant qu’ils ne l’avaient entendue, ils avaient l'ouïe fine... mais non, sans se préoccuper d'elle, a croire qu’ils avaient autres choses à faire ils prirent le chemin menant hors de la ville, au moins n'avaient ils décidé de massacrer les villageois ce qui était plutôt une bonne chose... Elle vit la femme disparaitre, se changer en brume, ainsi elle en était, une vampire... y'avait il des liens familiaux dans les monstres ? Était-elle sa femme ? Sa fille ? Sa dévote ? La cohorte s'arrêta, elle était a genoux devant le monstre...

Même de loin elle pouvait voir son air suppliant... elle se releva, a part la femme tous lui tournait le dos, elle recula, se fondit dans l'ombre d'une maison, décidant de les suivre, voir ce qui se passait sous la lune, la pluie ne la gênait pas, elle avait appris a composer avec les éléments...
avatar
Admin
Admin

Messages : 53
Date d'inscription : 31/10/2010
Age : 29
Localisation : derrière l'écran

Voir le profil de l'utilisateur http://domainedelahmia.forumgratuit.org

Revenir en haut Aller en bas

Re: Sous la Lune de Compiègne

Message  Admin le Sam 24 Mar - 22:32

Nemesis a écrit:
Il écrasa entre ses doigts et sa paume les vestiges d’une rose, pas une rose rouge de la passion comme on en fait si souvent l’apologie, non juste une rose d’un jaune pale, sans aucune particularité si ce n’est que celle-ci se fanait dans sa main bien avant qu’il en ai finit de compresser les pétales…

Tout ce qu’il touchait se mourrait, irrémédiablement. C’était ainsi. A croire qu’il aspirait la vie comme d’autres la lumière. C’est d’ailleurs ce qu’il voyait du monde, pas les objets ni les êtres vivants mais leurs éclats, halos qui entourait chaque chose… et il se nourrissait de cela, de leur rayonnement…

Il avait un nom, du moins il en avait eu un mais l’avait oublié, il avait été homme mais sa mémoire ne s’en souvenait plus, qu’était il maintenant ? Personne ne saurait le dire, les humains l’avaient oublié et dans leur oubli il avait sombré.

Les hommes ne croyaient plus, tout simplement. Et les mythes, les légendes étaient oubliés, tout ce qui faisait l’ancien monde brulé sur l’autel d’un Dieu unique. Un Dieu unique ? Face à la multitude de ce qu’ils étaient en réalité ? Qu’importe, les hommes avaient besoin de croire pour vivre, pour grouiller comme une vermine sur la terre… mais cela ne l’intéressait plus, ne l’avait jamais concerné. L’être humain était un dieu en lui-même, ca ils ne l’avaient pas compris, occupés à gouverner et asservir une partie de leur environnement.

Il était la, un groupement de maisons, masures abritant bonheurs et désespoirs alternatifs. Il leva son regard au dessus de la, des êtres sombres, une aura puissante et millénaire sur des silhouettes déjà mortes, le vivant n’est que mort en suspend, ceux la par contre était morts depuis longtemps. Contre temps a son objectif? Peut-être. L’aura bien plus lumineuse qui s’approche, le Nephilim, contre nature, abject descendant d’ange et d’homme, ce qui n’aurait dû être.

Il détestait les anges, l’état de grâce. Il les détruisait, c’était viscéral. Était-ce mission ? Envie ? Besoin ? Peu importe, cela devait être fait et il le faisait, quelquefois il devait aussi éliminer une autre forme de vie, humaine ou animale, ce n’était que dommages collatéraux, vite oubliés.

La lumière du Nephilim approchait, son aura a l’éclat pur, presque incandescent venait par ici, il était déjà venu, son essence imprégnait les lieux, c’était donc un retour… Son lieu de vie ? Comme le soleil qui approche, le fin liseré d’or qui couvre l’horizon juste avant l’aube.

Il y avait quelque chose d’inhabituel, l’éclat se ternissait et resplendissait tour a tour, entre présence de lumière noire, vive et morte, sombre éclat comme les deux humains qui conversait, comme l’armée qui les entourait, resplendissante de l’éclat de celui qui l’avait levé, il avait fractionné son essence et c’est sa non-vie qui animait les morts…

Ce n’était pas son affaire, lui ce qu’il sentait c’était la pression autour du Nephilim, qui risquait de le faire se découvrir a lui-même, et s’il ne faisait pas vite a le réduire a néant alors l’hybride libèrerait sa nature angélique et la il serait déjà plus difficile de l’abattre.

Il y avait pas très loin de lui une aura simple, douce lumière violette de jeune humaine, l’éclat de la conviction qui l’anime alors qu’elle espionne les humains non mort, son exclamation vite étouffée a son Dieu. Un Dieu ? Lequel ? Il laissa la cette réflexion, après avoir réfléchit un instant s’il fallait éteindre cette lumière mais non, elle le serait bien assez tôt, le souffle de vie est si court…

Les pétales tombèrent a terre, sa main perdit sa consistance, la pluie qui traversait déjà son être pu a nouveau traverser son membre qu’il avait rendu présent que pour pouvoir ramasser la rose et la flétrir. Il se fit néant, facile et indétectable, il n’avait pas d’aura et pouvait disparaitre quand d’autres ne faisaient que se fondre, ou se changer en d’autres choses, ne faisaient que modifier l’apparence de leurs essences, se réfugiant dans d’autres lieux, sous terre ou brume dans l’air pour qui pouvait encore les voir. Lui le pouvait. Toujours, toutes les présences lui étaient révélées, qu’importe la nature ou la forme…

Le Nephilim, voila son objectif, l’atteindre et le détruire. Il respira sa lumière et se mit en route, lentement, d’allure à savourer la chasse et sa prochaine victoire par avance.
avatar
Admin
Admin

Messages : 53
Date d'inscription : 31/10/2010
Age : 29
Localisation : derrière l'écran

Voir le profil de l'utilisateur http://domainedelahmia.forumgratuit.org

Revenir en haut Aller en bas

Re: Sous la Lune de Compiègne

Message  Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum