St Maurice (halle de Murat)

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Re: St Maurice (halle de Murat)

Message  Llewelyn le Sam 15 Sep - 18:26

St Maurice, le 1er juin.

Le soleil se levait a peine et annonçait une belle journée quand la blonde passa les grilles de sa demeure, faisant un petit geste de salut en direction de la guérite et Rakaph toujours vigilant a son poste de gardien, elle entra ensuite par la porte de la cuisine, n'ayant aucune envie de réveiller la maisonnée en passant la lourde porte d'entrée elle y croisa Caprysse, déjà affairée a la préparation du petit déjeuner. Son amie lui adressa un regard sévère, inhabituel sur son visage qu'elle avait toujours doux et avenant.


Shaelyn t'a cherché cette nuit, elle a fait un cauchemars et cela a été encore pire quand j'ai du lui expliquer que tu ne pouvais pas venir toi même puisque tu n’étais pas la.

La Dame se stoppa net sous la remontrance d'autant plus percutante que Caprysse ne s’était jamais permise de critiquer ses actes auparavant. Le premier réflexe de Cahuete fut de se raidir et de préparer une répartie cinglante mais elle la contint a temps, le reproche était tout a fait justifié. Deux nuits a Murât, et pas une seule de passée chez elle. Pour une enfant, que sa mère soit restée pour soigner un inconnu ou qu'elle ai passé la nuit avec son amant n’étaient pas des excuses recevables. Elle s’enquiert de la durée de l'insomnie de sa fille:

A t'elle pu se rendormir tout de même?

Caprysse lui fit signe de monter dans la chambre des enfants sans répondre ce que Cah s'empressa de faire, elle les trouva tous les deux éveillés, Azraël plongé dans un livre a s’entraîner a le lire et Shaelyn sur son lit les yeux rouges et cernés d'avoir pleuré et attendu en vain le retour de sa mère. La blonde s’avança pour la prendre dans ses bras et lui murmurer des mots d'amour mêlés d'excuses pour son comportement, elle ferait bien de se souvenir plus souvent de ses responsabilités envers sa famille et oublier le vent de liberté qui soufflait sur sa vie porté par le nouvel amour qu'elle ressentait.

Elle resta toute la matinée a jouer avec ses enfants, au grand déplaisir d'Azraël mais il s'y plia tout de même, sa petite soeur l’entraînant allègrement entre deux éclats de rire, ses soucis nocturnes déjà oubliés. Il y avait surement des anges qui protégeaient les innocents, qui veillaient sur les enfants... La Dame se demanda un instant quand est ce que ces anges la disparaissaient et livraient les gens aux tourments des obligations.

Une réflexion en menant un autre, elle repensa au temps ou elle n’était qu'innocence et a Titus, l'homme qui lui avait donné le gout de la liberté et qui avait passé avec elle des heures a débattre de l’âme humaine, il voyait des fleurs la ou elle voyait des oiseaux et alors qu'elle enviait sa liberté il la disait fragile et délicate orchidée. La suite avait montré qu'elle n'avait de fragile et délicat que l'apparence.

Un couple d'hirondelles s'envola du pommier sur lequel elle s’était appuyée pour regarder ses enfants courir et elle le suivit un instant des yeux... annonciatrices du printemps après un trop rude hiver... Elle poussa un léger soupire, la vue de ces oiseaux lui avait fait se remémorer des mots lus la veille, ils lui avaient apparus totalement déplacés et pourtant prévisibles et elle avait feint de ne pas comprendre, peut être ne le voulait elle pas tout simplement.

L'heure du déjeuner sonna, ils firent un pique nique dans les jardins avant que la blonde ne doive se rendre en ville. Elle les laissa a des activités plus calmes et se rendit a sa taverne, elle ne pensait pas croiser du monde mais elle eu le plaisir d'y croiser Trystan, s'en suivit un débat philosophique avec Kelig, qui l'amusa beaucoup sans qu'elle ne le montre, chaque phrase au double sens était un rappel a la force de leurs sentiments, de certitudes en évidences...

Cah revint chez elle, le clocher n'avait pas sonné la quinzième heure mais elle avait bien des choses a faire. Elle passa par la demeure de la mère de son page favori, convoquant celui ci a se présenter a St Maurice en fin d’après midi, elle aurait mission a lui confier. Arrivée chez elle, elle avertit Caprysse des dispositions qu'elle avait prise: elle partirait le soir même avec les enfants, laissant son amie sur place.

Caprysse avait été surprise par cette décision mais n'avait pas longtemps discuté quand Cah lui avait dit qu'ainsi elle s'occuperait elle même de sa progéniture et cesserait de se reposer sur elle a tout prétexte. Une fois que Cah s’était décidée il était quasiment impossible de la faire changer d'avis et elle se battait pour ses idées jusqu’à se manger un mur.

L’après midi passa en préparatifs, jusqu’à l'arrivée du page, il se présenta essoufflé mais joyeux comme a son habitude, on l'envoya attendre la maîtresse des lieux dans son bureau, elle le surprit quelques minutes plus tard alors qu'il regardait avec des yeux ronds les rayonnages de livres que collectionnait la Dame.


Bonjour Thomas.

Le gamin sursauta comme s'il avait été pris en faute et Cah l'assura d'un geste qu'il n'avait rien fait de mal, elle l'invita de même a s'asseoir sur le fauteuil en face du lourd bureau finement ouvragé, elle l'avait elle même fait quand elle avait sa menuiserie, des années auparavant. Elle s'appuya sur le coin du bureau alors qu'il attendait, il n'osait jamais trop parler quand c’était elle qui lui donnait ses instructions, elle l'impressionnait trop.

Tu te souviens de l'homme que je t'ai envoyé aider a la Tocos?

le gamin acquiesça, se demandant si sa maîtresse allait le gronder pour les écus pris sur la table de chevet mais elle enchaîna:

Il vit dans l'une des maisons au bord de Murât, facile a retrouver elle est attenante a deux champs ou paissent des vaches. Je pars ce soir en voyage, mais tu es assez grand maintenant pour travailler a plein temps aussi je te demande de te présenter chaque matin chez lui et de proposer ton aide pour s'occuper de sa maison et de ses champs. Il a quelques soucis de santé qui ne permettent pas qu'il effectue son travail correctement.

Habituellement elle embauchait des gens environnants assez ponctuellement, elle n'avait pas besoin d'une armée de domestiques dans les jambes.

Tes gages te seront versés chaque soir, tu devrais venir les chercher ici et les demander a Caprysse. A mon retour je verrais si tu t'es bien occupé de ta tache et si je te prend entièrement a mon service, tu peux disposer a présent et n'oublies pas, présente toi demain a l'heure de la première traite.

Le gamin s'inclina gauchement, abasourdi par la nouvelle, a 11 ans, il aurait déjà un vrai emploi? c’était une bonne fortune pour lui et sa famille, entrer officiellement au service d'une maison noble représentait des perspectives inespérés. Cahuete elle s'installa a son bureau rédigeant les recommandations pour Caprysse elle songea tout de même que l'aide qu'elle envoyait a son "blessé" comme le nommait les gens, pourrait être mal perçue, a l'image de ce que Trystan refusait... Bah.. elle le verrait bien le soir même et le lui expliquerait.

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Message  Llewelyn le Sam 15 Sep - 18:27

Fingil

Le lendemain.

La journée s'annonçait chaude et humide, l'orage menaçait sans poindre, et l'aube déjà, à travers la rosée, à travers le ciel chargé , apportait sa moiteur pesante prompte à assommer les corps et les esprits. Du reste Murat s'éveillait en silence, laborieusement, peu étaient ceux pressés de suffoquer dans mines où la fraîcheur ne faisait illusion qu'à l'entrée. Tout comme peu nombreux étaient ceux se hâtant à suer sang et eau à la corvée des champs.

Et tandis que dans Murât se dressaient des corps las d'une nuit trop chaude, à St-Maurice un bout d'homme sifflotait, ajustant maillot guêtres et chausses. Satisfait de son apparence, il tenait à bien présenter, missionné par Dame Cahuete. La déférence qu'il lui portait le poussait à un certain perfectionnisme, au delà du simple mimétisme social entre un page et son maître.

"Dois-je prendre un seau? Dois-je en prendre deux ? Et où sont rangés les seaux ? " Plongé dans une abysse de questionnements, le jeune Thomas convint qu'il serait plus simple d'aviser une fois sur place, et arrêter ainsi ce dont ils pourraient manquer pour les travaux. Il hâta le pas, il ignorait où se trouvait exactement la maison où l'attendait le gaillard, même si les instructions de sa maîtresse devaient lui assurer de trouver son chemin, il ne fallait toutefois pas tarder, la traite se faisant généralement de sa mince expérience tôt le matin, et tard le soir.

D'un pas alerte sur la terre rougeoyante des premiers rayons du jour, il traversa Murat en se fiant aux indications. Il descendit la rue de la forêt depuis le lavoir exceptionnellement désert. Personne pour s'enquérir de précisions sur la bicoque, tant pis...il ne devait plus être très loin. Il poursuivit son chemin et en effet, après une série de petites maisons construites les unes contre les autres, il aperçut une bâtisse isolée, attenant à deux champs. En s'approchant il découvrit qu'elle manquait singulièrement d'entretien. La voie était certes sommairement dégagée, encore qu'avec un peu de soin, on pouvait obtenir un meilleur résultat, mais surtout la toiture affichait un trou béant, comme si une vache était passée au travers, et les mauvaises herbes commençaient revendiquer la suzeraineté du lieu.

Il en fallait plus pour décourager le nouveau factotum. Arrivé à la porte qu'il trouva entrouverte, il frappa une fois, deux fois, trois...

Messire ?! C'est Thomas ! Je viens de la part de dame Cahuete !

Pas de réponse..., avec moult précautions il se fraya un chemin dans le capharnaüm jusqu'à ce qu'il crût être la chambre à coucher. Il frappa de nouveau, plusieurs fois, toujours sans succès. La pièce était à l'image du reste de la maison, relativement propre, le mobilier réduit à sa plus simple expression l'expliquait sûrement, mais incroyablement mal rangée. Des bouteilles de lait vides trônaient sur une planche de buis soutenue par deux tréteaux, des bouteilles pleines étaient posées en dessous,. Deux seaux en fer tenaient en équilibre sur une pile de bois au milieu de la pièce. Dans un coin, du linge sale, dans un autre coin une étagère, sous un chiffon qu'il souleva, des miches de pain. Un peu plus loin ,Thomas poussa la porte de derrière qui donnait sur les champs. Il distingua deux tabourets sous une pile de draps, visiblement posés ici pour sécher.

Un instant perplexe, il ramassa les deux seaux et les remplit des bouteilles vides, le bruit du verre et de fer l'empêcha d'entendre des bruits de bas. Une main sur son épaule, il se retourne :

"Ah Messire ! Le bon jour ! Messire m'a surpris ! Je cherchais Messire pour commencer la traite !" Thomas avait été effrayé, mais il savait déjà cacher son émotion derrière son inaltérable allant. Le jeune page prenait ainsi modèle en maintes occasions sur sa maîtresse. Et l'école était une des meilleures.

L'homme tapota sur l'épaule de Thomas, ce qui étant donné leur constitution respective représentait un certain poids, sous lequel le garçon s'efforça de ne pas ployer. Puis d'un vif coup de tête sur le côté indiquant la porte de derrière, il invita à le suivre. Le gaillard avait l'habitude par beau temps de faire sortir ses bêtes les matins de traite. Elles profitaient ainsi de la fraicheur de la rosée, avant une journée de plomb. Cette habitude n"étant pas forcément partagée chez les éleveurs, pour autant Thomas en perçut immédiatement le sens quand il vit le troupeau paître paisiblement, et en conçut une première marque de sympathie envers le bonhomme dont l'infirmité continuait de lui échapper.

Ce dernier posa un des deux tabourets qu'il avait emportés, et qu'il tenait à par les pieds, à raison d'un par main. Il l'installa sur le côté de la vache la plus proche, il fit signe à Thomas d'avancer. Ce dernier obtempéra, s'assit et commença à poser ses mains sur les pis de la vache qu'il pressa. Nouveau tapement de main sur l'épaule. Thomas se retourna, essuya une grimace à titre préventif, Fingil secoua la tête, avant de l'incliner. Il s'accroupit, tendit les mains vers Thomas qui le regarda incrédule avant de poser ses mains dans les siennes, et de constater par la même que ses paluches faisaient au moins le double de ses mimines. Nullement décontenancé, il se laissa guider, chaque main sur un trayon, l'une pressant son trayon, pendant que l'autre relâchant le sien. Thomas acquiesça au regard interrogateur du colosse et reprit son activité. Nouveau tapotement de main, nouvelle grimace préventive, on ne sait jamais, Thomas craignait de le voir s'agacer. Mais le bonhomme semblait calme. Il s'agenouilla de nouveau, reprit les mains de Thomas dans les siennes, et lui remontra le mouvement d'une main bien plus rapide, pendant que l'autre restait raide.

Compris Messire ! Messire est un bon professeur ! De fait Thomas exécuta la manoeuvre bien plus rapidement à deux mains, que Fingil ne pouvait la faire à une main. Ce dernier ailleurs, une fois convaincu de la maîtrise du garçon plaça le seau sous le pis de la vache qui commença à sa remplir. Ils passaient ainsi de vache en vache, et pendant que Thomas s'affairait sur son tabouret, Fingil donnait de l'herbe fraîche directement dans la gueule de la bête, ce qui distrayait cette dernière, et effaçait un peu de la tension que faisait naître la traite. Et pour la mettre d'avantage à l'aise, il passait une large sur brosse sur le dos, les flancs et le sommet de la tête de l'animal.

L'allant du jeune garçon, et la technique désormais bien apprise, avaient donné un rythme inédit à l'exercice, malgré la chaleur éprouvante. Le jeune page avait beau transpirer abondamment, il ne demandait pas de pause, et Fingil ne songea pas à lui accorder, occupé à nourrir et à brosser avec soin ses bêtes pour les détendre au mieux. La traite fut finie bien avant la fin de la matinée. Après la dernière bête, quand les seaux furent remplis, Thomas qui avait eu l'occasion remarquer la raideur dans le bras gauche du bonhomme s'avança pour prendre porter les seaux. La charge était lourde, mais le travail n'était pas achevé. Fingil disposa une mince couche de lin au dessus du goulot de chaque bouteille avant d'y verser le lait, ainsi filtré et nettoyé des impuretés.
En voyant Fingil trembler pendant l'opération, Thomas prit une nouvelle initiative.

"Je vais aider Messire à transporter le lait jusqu'au marché !" Le gaillard le scruta dubitativement, mais Thomas portait déjà deux seaux pleins de bouteilles, et il en restait encore de quoi remplir un troisième seau. De plus, il était encore temps d'espérer quelques ventes d'ici la fin de la matinée. Il adressa donc un mouvement de tête approbateur, et ils se mirent en route.

Il faisait de plus en plus lourd, et le soleil était devenu insupportable. Ce sont harassés que les deux compères atteignirent la halle du marché pour s'y installer sommairement. Les bouteilles furent soigneusement disposées à l'ombre de la halle, avec une ardoise fine posée devant indiquant le prix de la bouteille.

Thomas regardait Fingil demeurer silencieux dans la vacarme ambiant de la Halle. Et pendant qu'il reprenait son souffle après ses efforts, il continuait de fixer le gaillard, invariablement muet, la seule expression affichée sur son visage était celle de l'intransigeance quand un autre producteur voulait lui racheter son stock à vil prix. C'est ainsi qu'il se demanda pour la première fois si quelque chose n'allait pas chez lui.
Sans prévenir, sans demander, il se saisit de l'ardoise, la brandit à deux bras au dessus de sa tête et harangua la foule.

Du bon lait frais, il est bon notre lait frais, il vient d'être trait notre lait frais !! Il est pas cher notre bon lait frais!! Viendez acheter notre lait trait ..euh frais !!

Mais voilà il ne suffisait pas de s"époumoner pour faire fortune, certes quelques bonnes âmes favorisées achetèrent quelques bouteilles, mais il restait un sérieux stock quand la halle se vida de ses derniers acheteurs. Si le jeune page était déconfit, en même temps déçu pour le grand taiseux, ce dernier se contenta d'un long soupir, il rangea les bouteilles, en deux groupes d'égale importance. Il leva le menton en direction de Thomas, et pointa le premier groupe de quatre bouteilles, et avec un vieux linge il enroula avec grand soin le reste pour l'emporter avec lui.

Messire est généreux, Messire est satisfait ?! Pour le coup, Thomas manquait un peu d'assurance, mais pour toute réponse, Fingil lui tendit l'ardoise :

"ce soir ?"

Le jeune page grimaça, et regarda Fingil désemparé. Celui-ci hocha la tête brièvement, et effaça du revers de son bras l'ardoise. Il dessina à la hâte un croissant de lune avec des étoiles autour. Thomas retrouva alors son sourire coutumier :" Bien entendu Messire ! Messire me verra ce soir à l'heure pour recommencer la traite !

Fingil hocha la tête dans un mouvement qu'on put croire de satisfaction, et s'en alla à pas lourd et lent sous un soleil de plomb. Thomas lui, se sentait pousser des ailes, et regagna St-Maurice à grandes enjambées pour une sieste bien méritée.

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Re: St Maurice (halle de Murat)

Message  Llewelyn le Sam 15 Sep - 18:27

[St Maurice, bureau de Cah]

Le coche était rentré un peu plus tôt, la blonde au lieu d'aller prendre quelque repos s’était vue contrainte d'aller jeter un oeil sur le livre de comptes et sur les rapports de son régisseur. son fief avait été bien géré pendant son absence, les stocks étaient pleins, le coffre aussi. Elle allait pouvoir se lancer a corps perdu dans le redressement de Murât avec ses amis.

Caprysse frappa a la porte du bureau, portant un plateau avec du thé et quelques viennoiseries encore chaude, exceptionnellement il y avait deux tasses, son amie entendait donc rester avec elle, Cah l'invita a prendre place face a elle et la jeune fille le fit après avoir servi le thé.


bon jour ma belle, tu n'as pas eu d'ennuis pendant mon absence?


bonjour Cah ravie de te revoir. J'ai cru que tu avais eu un accident.

Le ton était rogue. Il est vrai que la Dame n'avait pas donné de nouvelles et que le voyage avait duré plus longtemps que prévu. Elle sourit a son amie

ravie de rentrer aussi et désolée, j'ai eu quelques soucis en LD, Trystan n'a pas vu son acheteur et je me suis piquée d'idée d'aller récupérer Bino a Vienne.

Tu aurais pu au moins m'envoyer une lettre pour me dire que tu rentrais plus tard! Je me suis inquiétée, et toute seule pour surveiller Az et Shae je n’étais pas rassurée.

Cah durcit son regard, qu'avait donc Caprysse en ce moment?

Je te rappelle que ce sont mes enfants, que je les aime plus que tout au monde et que je ne permettrait pas qu'il leur arrive malheur! Qui plus est, tu es ma plus proche amie mais je te prie de rester a ta place tout de même, je ne suis pas inconsciente au point de les mettre en danger.

La demoiselle accusa le coup, visiblement Cah n’était pas ouverte a la critique, étrange, d'habitude elle accueillait de bonne grâce les critiques ou conseils de son entourage. Elle perdit son regard dans le vide, remarqua la main bandée de la maîtresse des lieux.


Que t'est il arrivé?

Cah regarda a son tour sa main, le bandage sommaire qu'elle s’était fait la veille au soir avait pris une teinte grisâtre dans la nuit, elle balaya le sujet d'un revers de sa main gauche.

Me suis blessée en descendant d'un arbre.


Bien sur, voila une attitude tout a fait digne d'une dame! et que faisais tu dans cet arbre?

Cette fois, le bord du vase était atteint, Cahuete fusilla du regard sa jeune protégée

Caprysse Soizic Le Guenec si jamais tu te permets a nouveau de critiquer mon comportement je te renvoie dans tes pénates.

C'est lorsqu'elle vit les larmes briller dans les yeux de sa protégée que Cah réalisa, mais ou était la patience dont elle s'enorgueillissait? Elle contourna le bureau pour aller passer un bras par dessus les épaules de son amie

Désolée ma belle, je ne voulais pas te blesser... J'ai un peu de mal a tout gérer en ce moment, Trystan est plutôt distant et j'ai du faire face a une situation que je redoutais.

Caprysse respira un bon coup puis demanda doucement pour ne pas a nouveau provoquer l'ire de son amie


Tu as encore séduit un pauvre malheureux?

La Dame se contenta d'un hochement de tête, comment devait elle décrire la situation, était ce même vrai?

En fait j'en sais rien. C'est assez compliqué. Je t'expliquerais ce soir si tu veux.


Alors tu ne me renvoie pas?

C’était la crainte de la jeune fille, elle qui avait fuit ses parents des années auparavant et qui redoutait plus que tout qu'on la renvoie en Bretagne

Non bien sur que non... Tu sais bien que j'ai besoin de toi. Elle lui sourit. Qui prendrait soin de toutes les fanfreluches que tu as achetées pour t'amuser a me déguiser en sapin de noël? Et les enfants t'adorent. Tu restera ici aussi longtemps que tu le voudras... Ou que tu trouveras le courage de te marier avec ce bon vieux Marcel.

Cap rougit jusque la racine des cheveux, elle croyait que l'amour qu'elle avait secret pour le beau portier était connue d'elle seule. Cah était surement trop perspicace.


Depuis combien de temps le sais tu?

Depuis que Marcel a arrêté de rougir et balbutier en ma présence... Quand il t'a rencontré quoi.

Cahuete offrit un dernier sourire a son amie puis revint s'asseoir a son bureau en reprenant sa tasse de thé, bien moins chaude que lors de son arrivée.


J'ai du travail a présent, aurais tu la gentillesse de faire convoquer Thomas? Je veux savoir s'il s'est acquitté de sa tache et le récompenser si c'est le cas.

Tu ne veux pas que je t'aide a te soigner d'abord?

Non t’inquiète ça ira, je ferais cela quand j'aurais le temps... et puis il faut que je rachète un pot d'onguent, je n'en ai plus. Dommage que l’herboristerie de Miline ai brûlé, nous n'avons toujours aucune nouvelle d'elle?

Alors que Caprysse se levait en secouant la tête et prenant congé, Cah se replongea dans l'étude de ses livres de comptes.

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Re: St Maurice (halle de Murat)

Message  Llewelyn le Sam 15 Sep - 18:28

[même lieu, quelques jours après.]

Sise a son bureau, la Dame des lieux ne cessait de triturer le mécanisme d'un petit loup de papier, permettant ainsi de donner l'illusion de la course de la bête. Nul sourire n'illuminait ni les traits, ni les yeux de Cahuete en cet instant. Au contraire, c'est une infinie tristesse qui semblait assombrir l’émeraude de son regard. Et pour cause. Ce présent qu'elle avait donné, on le lui avait renvoyé en pleine figure, comme une gifle mentale.

Le coup l'avait blessée, plus qu'elle ne l'avait admis sur le moment et même si elle en comprenait la raison, cela n’empêchait pas la déception. La soirée de la veille avait été éprouvante. Oh ce n’était que la continuité des jours précédents. Cela faisait mal quand même. Le temps que son loup avait passé a se saouler pour la provoquer, puis les mots qu'il lui avait jetés, crachés avec hargne parce qu'elle ne souhaitait lui rendre ses sentiments.

Que ne pouvait elle pas a cet instant avoir le soutien, le refuge que lui étaient les bras de Trystan? Son amant ne la jugerait pas, surement comprendrait il pourquoi elle agissait ainsi. Et s'il ne comprenait pas, jamais il ne l’empêchait de mener ses actions dans le sens qu'elle décidait, la laissant toujours libre de ses actes. Il en arrivait même a lui pardonner ses errances... Elle soupira, vivement qu'il lui revienne.

Se levant brusquement, elle alla ouvrir la porte de son bureau et crier a son amie a l’étage inférieur
:

Cap', envoies moi Thomas s'il te plait, il doit être dans le coin a cette heure ci!

Elle réintégra ensuite la place sur son siège, ses yeux se posant a nouveau sur le petit loup, elle se demanda si elle n'allait pas le peindre pour y donner quelque réalisme en plus. Quelle couleur? Noir? Gris? Roux? Elle étudia la question puis la laisse tomber, elle n'avais jamais été doué avec des pinceaux a la main. On lui avait appris au couvent a faire quelques enluminures, a jouer de la mandoline et a broder, art qu'elle avait toujours eu médiocre d'ailleurs, elle ne savait pas se concentrer sur une broderie.

Le jeune Thomas frappa peut après a la porte du bureau, elle l'invita a entrer et a prendre place face a elle, ce qu'il fit avec sa gaucherie habituelle, il supportait mal le cadre luxueux du bureau et toutes les richesses qu'il recelait, Cah s'en fichait bien, elle était si bien habituée a vivre dans le luxe, qu'elle ne le voyait plus.


Bon jour Thomas, es tu prêt a me faire ton rapport sur ce que je t'ai demandé de faire avant mon départ?

Un peu tard c'est vrai, la blonde était rentrée depuis presque une semaine mais cela n’était pas bien grave, mieux valait tard que jamais. Le gamin hésita un instant, entre l'ordre de sa maîtresse et ce qu'il se faisait comme idée de la solidarité masculine et de la discrétion a donner sur la vie du grand muet qu'il en était venu a apprécier mais Cah lui offrit un charmant sourire, de ceux qui faisaient qu'on ne lui résistait pas, le gamin piqua un fard et commença son exposé.


Ma Dame, je me suis présenté chaque jour chez lui comme vous me l'avez demandé! C'est un gentil messire! Il s'occupe de ses vaches comme si elles étaient sa vie!

Le gamin s'emportait, usant du geste pour donner plus de poid a ses paroles, aussi vif que transporté d'avoir mené a bien la tache qu'elle lui avait confié, la blonde se pencha vers son bureau, posant ses coudes dessus et son menton sur ses mains croisées afin d'accorder la plus grande attention a ce que lui rapportait le page.

Messire et moi avons rangé et nettoyé tout chez lui, il y en avait bien besoin! Je lui ai porté les vieux tabourets de la Tocos, j’espère que j'ai bien fait?!

La le gamin prit une légère expression angoissée, c’était une chose de les faire accepter de l'homme, puisque de toute façon la simple mention du nom de sa maîtresse portait a lui faire avaler n'importe quelle pilule, le faire accepter de la Dame, une toute autre affaire. Cah le rassura d'un nouveau sourire

Tu as très bien fait Thomas ne t’inquiète pas, dis moi, a t'il pris soin de ménager son épaule?


Ma Dame, il faisait très attention, je pense que ma Dame l'a su, j'ai reconnu quelques fois l'oiseau de ma Dame qui allait et venait! Messire s'est il plaint de mes services dans ses lettres?

La blonde secoua la tête pour rassurer le gamin, non aucun reproche ne lui avait été fait, rassuré Thomas se prit d'en dire un peu plus sur la santé de son nouvel ami, il s'etait pris d'affection et il s’inquiétait, surement sa maitresse saurait quoi faire pour aider le sieur.

Messire n'etait pas toujours au mieux quand il avait vos messages ma Dame, hier midi il etait tellement enervé qu'il a fait l'emprunt d'une hache pour aller couper du bois en foret, je crois qu'il s'est refait mal a l'épaule ma Dame.

Il ajouta, dépité pour la veille, ce qui s’était passé dans la taverne et la façon dont elle avait froidement rembarré l'homme.

Messire est un homme bon ma Dame, il ne voulait certainement pas vous agacer hier soir! Messire ne passe pas son temps a boire dans les troquets, il est très sérieux dans ses taches!

La blondinette acquiesça de nouveau, tout en ce demandant ce que Thomas pouvait avoir entendu la veille, en effet, maintenant elle lui laissait les combles de la Tocos s'il voulait dormir en ville. Au moins maintenant, elle pouvait reconstituer ce qu'il était arrivé a son Loup. Quelle idée d'aller a nouveau se blesser dans une tache trop difficile...

Je te remercie Thomas, tu fais du bon travail et je suis satisfaite de toi. J'ai décidé que tu allais pouvoir montrer a tous maintenant, que tu appartiens a la maisonnée, quand tu descendras, adresses toi a Caprysse et dis lui de prendre tes mesures, tu porteras maintenant mes couleurs afin que tous sachent que tu es a mon service.

Alors que le gamin en perdait l'usage de la parole, ce qui changeait assurément, Cah lui laissa le temps de recouvrer ses moyens en se lançant dans la rédaction d'une brève missive, elle allait signer quand elle vit le regard admiratif du gamin sur sa calligraphie. Elle replia sa missive, la cacheta et la lui tendit.

Ce soir, avant de partir après avoir terminé ta journée chez notre ami, remet lui ceci. Et puisque tu es un gentil garçon et que tu vas prendre ta place ici, souhaiterais tu toi aussi apprendre a lire et écrire? J'apprend ses lettres a mon fils actuellement, je pourrais te les enseigner aussi.

C’était la fin du monde, ou la Noël en avance ce n’était pas possible. L'enfant avait du mal a croire a sa bonne fortune, sa Dame allait lui apprendre ses lettres! Déjà qu'il était en adoration devant elle -a ses yeux il n'y avait pas de plus jolies dames a Murât- la il passerait presque au stade de la vénération.

Une vénération très utile pour Cah, qui se pourrait ainsi surveiller les faits et gestes de son loup blessé sans même qu'il ne suspecte le gamin de duplicité, puisque ledit gamin lui même, ne s'en rendrait pas compte. La Dame congédia ensuite l'enfant qui repartit tout heureux pour aller aider son ami taiseux

Elle même reprit délicatement entre ses doigts le loup de papier, puis vint le poser sur le linteau de sa cheminée, a coté de l'orchidée de papier qu'elle gardait précieusement.
[/rp]

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Re: St Maurice (halle de Murat)

Message  Llewelyn le Sam 15 Sep - 18:29

[St Maurice, a l'aube d'une tempête]

Le soleil n’était pas levée, la Dame des lieux si. Et Heureusement. Quand un de ses pages déboula comme s'il avait la mort aux trousses, elle put l'accueillir d'un froncement de sourcils, l'enfant était essoufflé, échevelé et proprement terrorisé. La blonde se demanda bien ce qui se passait, alors qu'elle buvait son thé dans la cuisine en profitant du calme de cette fin de nuit juste avant son entrainement. Son épée favorite était posée en face d'elle, une tenue des plus simple la revêtait, braies flamboyantes et chemise immaculée. L'on ne pouvait en dire autant de Thomas. Son pantalon blanc était noir de suie, sa chemise dans le même ton et son pourpoint portait la trace de ses libations nocturnes sur le bleu ciel initial.

Thomas?! Est ce la une tenue pour apparaître devant moi?!

Alors que le gamin, plus pale que la mort bégayait un discours incompréhensible, Cahuete le fit asseoir sur le banc qu'elle venait de quitter, l’inquiétude balayant sa colère naissante, qu’était il donc arrivé a son tout jeune page? Elle lui versa du thé dans sa propre tasse et le força a en boire, jusqu’à ce que ses tremblements s’arrêtent.

Aurais tu bu mon garçon? tu empestes l'alcool a plein nez!

Thomas leva vers elle des yeux brillants de larmes, qui s’échappèrent quand il vit le dégoût qu'il inspirait a sa maîtresse mais elle le lâcha aussi vite et lui prépara un remède de son cru, souverain contre les malaises consécutifs a une cuite. Apres qu'elle le lui ai fait ingurgiter cette mixture qui n'avait rien d'agréable, l'enfant se calma. Elle prit autant de douceur que possible pour lui demander

Que t'est il arrivé Thomas? Peux tu m'expliquer cette tenue?

La blonde détailla a nouveau la tenue, remarquant cette fois qu'il portait un curieux fourreau, elle l'en défit pour observer l'instrument, le dégaina... Et suffoqua en voyant la miséricorde. A la lumière de l'aube naissante, on y distinguait clairement d'anciennes traces de sang sur la pointe, ainsi que l’état d'icelle, abîmée, l'arme n’était pas faite pour son prime office, a savoir achever les blessés dans les guerres, mais semblait plutôt un jouet d'apparat. L'argent, qu'elle avait reconnu, était bien trop mou pour servir d'arme.

Racontes moi tout et tout de suite Thomas!

La voix était fébrile, angoissée, pressante jusqu’à l'urgence, le gamin s'en effraya et débita tout d'une traite:

j’étais a la Tocos ma Dame, je nettoyais les fûts, et j'ai bu... j'ai été malade, je suis sorti, je voulais aller au lavoir et... et y'avait la maison brûlée, je suis passé... j'ai trouvé l'épée il déglutit, lui jetant un regard torturé et reprit: Je voulais faire comme ma Dame, quand elle s’entraîne mais... J'ai trébuché et... Ma Dame il y a la bas un cadavre!

Voila c’était lâché. Et probablement la seule chose qui puisse secouer Cahuete. Un cadavre a l'herboristerie. Miline? On avait aucune nouvelle d'elle depuis des semaines! Caprysse apparu sur ces entrefaites, Cah se tourna vers elle sans même la saluer et lui dit

Caprysse, vas au village et rassemble quelques gens, il y a du travail a l'herboristerie, il faut déblayer les décombres et porter le corps en terre aujourd'hui. Cela n'a que trop traîne.

La nouvelle de bon matin, cela retourne l'estomac évidement, un macchabée au petit déjeuner, ce n'est pas vraiment ce qu'il y a de plus agréable. Mais Caprysse avait souvent la tête sur les épaules et répondit:


Tu ne veux pas que je m'occupe de cet enfant avant?

Cahuete acquiesça, il est vrai que le cadavre, surement la depuis un moment, pouvait bien attendre cinq minutes de plus. Elle invita du geste Caprysse a disposer de l'enfant. Icelle pris donc la main du garçon et le mena la ou était le plus grand baquet de la maisonnée, la chambre seigneuriale. Il était toujours une réserve d'eau maintenue au chaud pour la fin des entraînements de Cahuete, elle servit cette fois pour Thomas, hébété il laissa Caprysse le materner.

La Dame, elle retourna en cuisine récupérer la miséricorde, elle l'emporta dans son bureau et la nettoya, étudiant de son oeil de forgeron cette arme, qui, elle le soupçonnait avait un lien avec son loup. Miline cadrait très bien avec les souvenirs qu'il avait de son accident... La femme blonde et triste. Mais cela ne pouvait être, la sacristain n'aurait surement pas pu tenter de commettre un meurtre?

Il fallait qu'elle le sache! Elle abandonna l'arme sur son bureau, pris le temps de passer quelques vêtements décents avant de se rendre en ville. D'abord passer recruter des gens pour l’herboristerie, ensuite, partir a la recherche de son loup. La journée s’annonçait mouvementée.

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Re: St Maurice (halle de Murat)

Message  Llewelyn le Sam 15 Sep - 18:30

Cahuete/Fingil

A l'aube du dimanche 24, la soirée s’était finie très tard, et étrangement. La blonde se demandait encore comment le loup s’était attiré la sympathie des jeunes si vite. Elle lui avait renouvelée son invitation a venir a l'un de ses entrainements, sans pour autant penser que ce serait ce jour la.

Elle était vêtue pour se défouler et était arrivée très tôt en sa salle d'armes, aucun page pétrifie d'angoisse ne l'avait empêchée cette fois. Braies écarlates et fine chemise, la Dame, avant de débuter son entrainement avait commencé par poser sur l'une des tables a tréteaux: son épée, une masse d'arme et la miséricorde. Elle les contemplait, pensive, allant parfois jusqu’à les effleurer, fermant les yeux pour se remémorer les cicatrices qui parcourrait le buste du loup, qu'a force de soigner elle commençait a connaitre par cœur

En cette matinée où le sommeil se jouait de lui, Fingil éprouvait le besoin peu à peu irrésistible de se défouler. Il avait d'abord songé à marcher dans son champ, mais cette fois, ce dernier ne lui apportait pas la quiétude attendue. Ses bêtes avaient été vendues, il devait acheter un nouveau cheptel, et leur présence rassurante dans l'étable lui manquait cruellement.

Dans ces circonstances, Fingil se laissa convaincre rapidement par l'invitation de Cahuete, même s'il lui fallut un peu de temps pour se l'admettre. La crainte du ridicule était toujours là, mais plus il y repensait, plus il ne voyait que cette solution pour trouver enfin la tranquillité à laquelle il aspirait.
Il délaissa ses chausses pour ses bottes qu'il avait fait confectionner spécialement pour l'occasion, il se débarbouilla sommairement devant une bassine posée sur la table, qu'il avait remise à neuf. Et fort et frais de ces ablutions il se mit en route, non sans une certaine appréhension, qui perçait au fur et à mesure qu'il approchait du domaine de St Maurice

Fingil arriva en vue du domaine. Il emprunta le chemin qui montait en lacets jusqu'aux grilles quand il aperçut la guérite et un étrange personnage qui lui barrait l'accès. Trop tard pour faire demi-tour ou se laisser intimider à ce stade de l'introspection, il ne pouvait plus reculer, qui sait Cahuete l'avait peut être déjà aperçu, espérait il. Il se dirigea vers le garde, avec une assurance toute relative.

Une nouvelle journée débutait pour Rakaph, qui fidèle à son poste contre vents et marées, n'eut pas même l'ombre d'une expression quand il vit s'avancer sur le chemin une haute silhouette. La Maitresse était rentrée fort tard, mais elle etait déjà levée et les visites, a cette heure ne pouvait avoir que pour but de la voir a son entrainement. Le garde esquissa une brève inclinaison du buste avant de faire signe a l'homme de le suivre et de le conduire devant les portes ouvertes de la salle d'armes.

Fingil ne manqua pas de répondre à la salutation toute gestuelle et familière pour lui, presque rassuré par le mutisme de son guide, quand bien même l'absence tout échange fût-ce de signes simples entre les deux individus, et la démarche décidée du garde nourrissaient une appréhension devenue clairement palpable alors qu'il arrivait au lieu du rendez-vous.

Ayant amené le visiteur jusqu’à sa Maitresse, le Gardien s'inclina pour le saluer sans un mot et le laissa là, reprenant le chemin de sa guérite et la place qui était la sienne. Le silence soudain des oiseaux matinaux avertit Cahuete d'une presence vers la porte, elle eu juste le temps de voir la silhouette de Rakaph s'incliner avec raideur et son visiteur répondre d'un hochement de tête. La blonde reconnu la stature et les manières de son loup et s’avança a sa rencontre, un sourire accueillant aux lèvres.

Le bon jour mon loup, vous vous êtes décidé a venir me visiter en ma demeure?

Le grand muet parut un instant indécis, regrettant peut être d’être venu, la Dame laissa fuser un rire amusé et lui pris le bras pour le mener a la table qu'elle venait de quitter sans se soucier de son air embarrassé:

Allons venez, je songeais justement a vous!


Le rire sembla le rassurer et il se laissa conduire docilement vers la table ou elle lui désigna les armes d'un geste ample:

Savez vous ce que sont ces armes?

Fingil regarda la table ainsi désignée, impressionné par les armes mais finit par secouer la tête tout en gardant un intérêt poli à ce que pouvait bien souhaiter lui montrer Cahuete. La blonde lâcha un petit je m'en doutais avant d’écarter son épée plus loin sur la table, il suivit le geste des yeux, dubitatif.

Celle ci vous avez du déjà me la voir porter donc on s'en fiche.

Elle prit entre ses mains la miséricorde et la lui présentant tout en souriant d'un air rassurant, ce qui n’empêcha pas Fingil de reculer d'un pas quand elle sortit l'arme de son fourreau. Il inclina la tête pour montrer qu'il avait fini de regarder et Cah enchaina

Cette arme est celle que l'on a retrouvé chez Miline, probablement celle qui vous a blessé a la tête. souhaitez vous la prendre?


Elle n'eut besoin que d'un coup d’œil pour voir la vive réaction de refus de son invité, qu'il appuya d'un geste de la main pour bien se faire comprendre. Cah acquiesça d'un mouvement de tête avant de reposer l'arme, qu'il continua de la regarder comme si elle était un serpent prêt a mordre même quand icelle fut rangée dans son fourreau et posée sur la table, Cah lui prit le menton dans sa main pour le forcer à la regarder puis lui dit doucement: Soit je m’arrête soit je vous montre la dernière, comme vous le souhaitez. Il tressaillit au contact de sa main avant de croiser son regard, acquiesça puis lui désigna la table du regard. Elle le relâcha pour prendre en main la masse d'arme et lui présenter comme la précédente.

Celle ci est particulièrement cruelle, elle sert souvent a défoncer les armures ou les casque des soldats pendant un combat. Une armure, enfoncée par une masse d'arme c'est l'assurance que celui qui reçoit le coup ne pourra s'en remettre, le métal de l'armure reste enfoncé dans la blessure. Je soupçonne que c'est ce type d'arme qui vous a causé tant de cicatrices sur votre torse et votre dos. cependant, j'ignore qui peut s'acharner ainsi sur quelqu'un comme on s'est acharné sur vous. C'est déjà cruel avec une armure alors sans... c'est de la barbarie pure!

Il avait ponctué l'explication donnée de quelques hochements de tête approbateurs non sans fixer l'arme, allant jusqu’à en effleurer une des pointes avant de reculer comme électrisé et de refuser en secouant la tête quand elle lui dit: Je suppose que vous ne voulez pas non plus la prendre? Elle reposa donc l'arme et se tourna a nouveau vers lui, il lui fit face, semblant contrit de refuser tout ce qu'elle lui proposait, il chercha en lui un peu plus de témérité pour ne pas décevoir son hôtesse quand elle lui demanda:

vous n'ignorez pas mon loup, pourquoi je désirais vous voir ici. Reste la dernière arme, une qui vous a assurément blessée aussi, cette fois pourtant, je vous demande de la prendre, c'est la peut être une clé de votre passé, celui la même que je vous ai promis de vous aider a retrouver. Acceptez vous?

Fingil déglutit difficilement, mais fit un réel effort pour accepter, calme et résolu, il tendit ses mains dans une parfaite imitation de la position dans laquelle Cah tenait son épée, une main sous la garde, l'autre sous la lame, elle déposa donc sa lame dans ses mains offerte et lui dit: Icelle est une épée légère, elle a été spécialement fabriquée pour moi, elle privilégie la vitesse d’exécution

Fingil n'eut pas plus tôt pris l'épée qu'il chancela tandis qu'un souvenir l'assaillit: Un champ de batailles, des corbeaux, la pluie battante qui laboure la terre, ruisselle et charrie le sang et la chair. Fingil court, une épée bâtarde au clair, une lance d'hommes derrière le suit. Il regarda a nouveau Cahuete, tituba, lâcha l'épée qui chuta avant de la rattraper d'un réflexe en l'empoignant sous la fusée de la garde et la tendre à nouveau à sa propriétaire qui la récupéra, la posant négligemment sur la table.

Je ne me trompe pas n'est ce pas? vous savez vous en servir, personne ne rattrape une épée avec cette habileté s'il n'est pas habitué a en manier.

Il se redressa, tentant de faire le tri dans les souvenirs affluant en sa mémoire, ses cauchemars prenant maintenant un certain sens, Cah lui posant une main sur le bras de façon a l'apaiser puis lui demanda doucement: loup.. me ferez vous la grâce d'un petit duel amical? je veux savoir ce qui peut vous revenir... Il l'a regarda, médusé. Il s’était attendu a un petit entrainement athlétique mais il pensait avoir eu son compte d’émotions fortes. Cependant, l'attitude douce et bienveillante de son hôtesse lui laissa penser qu'il serait malvenu de refuser, il acquiesça donc d'un mouvement de tête réservé mais avec la meilleure grâce possible. Il fut de cela récompensé par un magnifique sourire de la Dame, qu'il rendit timidement avant qu'elle ne le relâche. Son soutient perdu il commençait déjà a regretter mais elle ne lui laissa pas le temps de tergiverser.

Je vais vous trouver une épée a votre taille et une armure légère, si z'avez peur de souffrir... Mais ne vous en faites pas, je ne suis pas une sauvage, je veux juste vous tester.

Il se contenta hocher la tête avant qu'elle ne l'entraine dans la pièce attenante, ou était entreposées tout le stock d'armes, armures et autres matériel de guerre que la blonde possédait. Il suivit docilement tout en étant impressionné de ce qui se trouvait là Je peux vous prêter un gilet matelassé... et je pense qu'une épée bâtarde vous irait bien, elle est longue et assez lourde... mais vous avez la stature pour la manier Elle se tourna vers lui pour voir sa mine stupéfaite et éclata de rire en disant: Mon loup, je suis sensée commander un ordre, pensez bien que j'ai chez moi tout le stock nécessaire pour vêtir et armer mes hommes. enfin, quand j'allais en guerre. m'enfin je n'ai pas jeté tout cela, l'équipement vaut son pesant d'or...

La Dame se pencha pour chercher dans une malle un gilet a la taille de son invité qui reprit peu a peu contenance en comprenant les charges de Cah, il laissa son regard errer sur elle et remarqua sa tenue plutôt légère, il en conçut un certain trouble. Il sursauta quand elle se releva en tenant sa trouvaille et lui disant: Icy devrait vous aller, vous voulez de l'aide pour le mettre?
Il resta interdit, tandis qu'elle le regarda enfin en haussant un sourcil:
loup? ça va aller? vous pouvez toujours refuser ma demande si vous ne la sentez pas...
Il prit le vêtement tout en laissant a nouveau son regard glisser sur elle.

Cahuete, parfaitement inconsciente du trouble dont elle était l'origine, l'aida a retirer sa chemise et a passer le vêtement, qu'elle harnacha sur les cotés avec la vitesse née de l'habitude tout en lui disant:
Ceci vous protégera en diminuant l'impact des coups mais ne vous en faites pas, je ne vais pas taper fort non plus, si j'arrive a vous atteindre
Elle lui décocha un joyeux sourire alors qu'il peinait a suivre sa conversation, mais le ton et le sourire le rassurait. Elle prit ensuite une épée sur le râtelier et la lui tendit:
Icelle devrait vous aller


Il eu à peine le temps de se saisir de l'épée, qu'il se retrouva devant les portes qui s'ouvrent, ses hommes toujours derrière lui, son épée qui croise celle des défenseurs tentant une percée, et qu'il découpe littéralement de sa lame vociférant sur ses hommes pour les pousser à l'intérieur du fort
Il lutta pour se secouer et éviter de marquer un pas de recul, plissa le front et reprit son souffle. Porta sa main droite, celle avec laquelle il écrit, sur la poignée, avant de la retirer et de porter la main gauche dans un geste naturel sous la garde. Cah sourit de le voir faire avant de lui demander:

Puis je utiliser mon épée ou préférez-vous que j'en prenne une émoussée? Il hésita un instant, puis se dit que la faire combattre avec une telle épée quand lui en avait une en parfait état manquait autant de sport que de classe. Il lui désigna du geste l'épée qu'elle avait posée sur la table, elle acquiesça avec un sourire puis le ramena dans la salle ou elle reprit sa lame. Souffrez par contre, que je ne prenne pas de protection pour moi même, je n'ai pas envie de mourir de chaud dès le matin.
Luttant contre l'appréhension qui le gagnait d'avantage à chaque instant, il soupesa son épée, avec un mouvement de poignet, avant d'arrêter un nouveau regard troublé sur Cahuete, et d'acquiescer La blonde fit elle même tournoyer son épée avant de venir se placer au centre de la salle et de l'inviter d'un geste.

Il déglutit avant de la rejoindre, elle recula de quelques pas avant de s'incliner devant lui en tenant son épée droite. Il chercha une position dans une démarche un peu raide, avança une jambe pliée devant l'autre fléchie, son bras libre ballant cherchait son équilibre pendant qu'il tenait son épée par dedans.

Prêt mon loup?


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Re: St Maurice (halle de Murat)

Message  Llewelyn le Sam 15 Sep - 18:30

Il sent sa tension atteindre son paroxysme de se retrouver ainsi devant elle une épée a la main. Dans un sourire, elle lance le premier assaut, l'engagement des fers le replonge en un éclair dans le donjon, face à un défenseur dont il ouvre le ventre de son épée avant de la tourner, pour la retirer. Il ajuste un simple mouvement de poignet, pour appuyer sa lame contre celle de Cahuete et bloquer icelle.

Cahuete, ravie de cette parade, lance un nouvel assaut en riant, il fait face alors que sa tête reste ailleurs: à nouveau dans la cour, un cri derrière lui il se retourne, et se contente d'un simple changement de garde pour bloquer la lame de Cahuete, le bras relevé, le buste raidi. La blonde rompt l'engagement, voyant qu'il n'était pas incommodé par le poids de son épée elle se décide à l'attaquer d'une botte qu'il ne pouvait parer sans se déplacer. Il réagit aussitôt, comme un carrousel trop longtemps à l'arrêt, son bras libre trouve enfin sa place, dressé derrière lui, lui donnant un peu de l'équilibre qui lui faisait défaut, puis sa jambe fléchie s'assouplit et pivote à l'équerre pour tourner son buste de profil face à elle.

Eh bien voila que le loup semble enfin retrouver ses griffes...

Ravie, la dame accélère ses attaques, tentant un coup de taille, qu'il pare en changeant de garde, sa posture enfin trouvée, les pieds perpendiculaires, se contente de jouer du poignet pour repousser doucement l'attaque de Cah alors que dans son esprit, un souvenir émerge : dans la cour, il se retourne pour parer l'attaque de l'assaillant qui se rue sur lui en compagnie d'un petit groupe, une tête tombe. La blonde sourit, avant de l'asticoter: Jolies griffes d'ailleurs, mais le loup saura t'il aussi retrouver ses crocs? Et à elle de charger, portant une nouvelle attaque, plus puissante que la précédente, elle le sait sous l'assaut de ses souvenirs mais elle veut qu'il réagisse plus que cela, le pousser dans ses retranchements.

Dans la tête de son adversaire, le cauchemar éveillé se poursuit: l'assaillant qui laisse tomber son heaume, une fois son groupe décimé est en réalité une femme, alors qu'il s'apprête à porter un coup fatal il retient sa lame... Fingil est décontenancé par le nouvel assaut de Cahuete, et décide de riposter comme son maître italien le lui a appris, en capo ferro qui tend à écarter la lame de l'adversaire avant de le toucher. Il change pour se faire son épée de main, pour bénéficier de la force suffisante, dont son épaule endolorie le prive, avant de porter son assaut directement non sur Cahuete mais sur sa lame, la force du coup dans lequel il imprime tout son poids écarte son épée... La guerrière se tient devant lui, le heaume à la main, lui garde son épée au flanc, quand il voit sa gorge de cette dernière s'ouvrir sous le sabre d'un de ses compagnons. Fingil réalise alors qu'il a porté son assaut jusqu'à entailler l'avant-bras de Cahuete.

La Dame, blessée, se recule, cessant l'engagement pour observer la coupure, elle ne peut retenir une pique amusée En effet le loup a aussi des crocs Fingil, horrifié, ne peut plus détacher son regard de la blessure, la blonde, tout a fait détachée, s'en égaie: Jolie botte d'ailleurs faudrait me l'apprendre à l'occasion avant d'essuyer la garde ensanglantée de son épée sur ses braies et de changer de main pour se remettre en garde Mais je sais aussi combattre des deux mains mon loup le nargue-t-elle avant de lancer une attaque foudroyante de sénestre. Il la regarde faire, immobile, tente sans succès de dresser sa main vers elle, mais reste figé devant la nouvelle attaque, seul son poignet gauche qui s'était ressaisi en un réflexe éclair réagit juste à temps pour une parade circulaire qui lui aurait permis d'améliorer sa prise, mais Fingil en reste là.

Dépitée, Cah sait qu'il ne se remettra pas d'avoir fait couler son sang mais elle n'en a pas fini avec lui... il faut donc l'agacer, l'énerver à un tel point qu'il perde le contrôle de lui même. Et pour cela elle ne connaissait qu'un seul moyen... Allons mon loup, vous n'allez pas vous arrêter en si bon chemin? montrez moi un peu ce que vous savez faire! Elle lui tourne autour Allez... Vous me paraissez encore plus mou que Trystan avant que je ne commence à l'entraîner... encore plus peureux! Elle lui porte une nouvelle attaque, qu'il pare en reculant d'un pas mais sans la regarder. Il faut donc passer un niveau au dessus. Ou peut être qu'être moins doué que lui vous suffit après tout, qui sait... Elle fait semblant de se retourner alors que Fingil reste figé sur place Qui sait dans quel domaine il vous est supérieur aussi...

Cah sourit en coin, regarde sa lame, tournant autour de lui comme si elle n'en a plus que faire, Fingil accuse le coup, grimaçant comme sous l'assaut non du fer mais du verbe qui le touche au plus profond de son être déjà meurtri pour avoir blessé sa belle. Mais elle enchaîne de plus belle Enfin... après tout c'est la peut être que tout ce que vous désirez... passer après. Elle se replace devant lui, dans sa position initiale avant d'ajouter: ou peut être simplement qu'en fait vous ne méritez même pas que je m'attarde sur le sujet Elle lève sa lame devant ses yeux, y jetant un œil distrait avant d'envoyer le coup de grâce, du moins l'espère-t- elle: J'ai hâte qu'il rentre pour qu'enfin ma vie reprenne un cours normal, dès que je l'aurais retrouvé.

Fingil, submergé par la rage que provoquent ses mots, reprend son épée de la main droite, sa position de garde, ses pieds perpendiculaires, ses jambes fléchissantes pour mieux bondir vers l'avant et le projeter vers Cahuete, sa bâtarde par dessus pour porter un coup droit sur elle. Elle se contente de changer ses point d'appuis et de déplacer son centre de gravité pour parer le coup tout en encaissant le choc avec un sourire narquois: Il faudra plus que cela pour me convaincre... La colère réveille la suite du souvenir: Fingil qui se retourne vers son compagnon meurtrier, le regard vide, avant de lui enfoncer sa lame dans le ventre et de la remonter jusqu'à son torse dans une explosion de fureur déchaînée... Ses réminiscences brutales s'accompagnèrent du même cri qu'il poussa dans son nouvel assaut sur Cahuete, cinglant son fer contre le sien dans une furie aussi incontrôlée qu'imprécise.

Cah, surprise d'entendre enfin sa voix, pare le coup de justesse et lui porte aussitôt une riposte par habitude, lui assenant un coup du plat de la lame sur le bras, assez fort pour faire lui faire vibrer jusqu'à l'os. En plus des crocs et des griffes, le loup hurle enfin, quelle plaisir que de pouvoir vous entendre... Elle passe une série d'attaques ajustées sur sa rapidité et sa dextérité puisque son adversaire lui semble ne faire appel qu'a sa force. Ce dernier est comme insensible aux coups portés qui le touchent, pourtant sans cesse plus incisifs. Il redouble d'ardeur et de hargne dans ses assauts contre elle, son épée portant droit sur elle, pare donc ses coups en lui en assenant de plus en plus, icelle finit par prendre peur en réalisant qu'elle ne pourra pas l'arrêter sans libérer toute sa science militaire. Elle se déchaine, oubliant toutes pensées cohérentes les considérant tous deux non plus pour ce qui les lie à cet instant, mais comme n'étant que deux adversaire engagés dans une lutte. Son esprit n'est plus alors qu'instinct de conservation couplé de rage de vaincre.

Fingil attaque, il n'est plus question chez lui de fente, de passe avant, de redoublement, les coups sont sommaires, et les bases de la technique sont jetés aux orties. Seule la force brute s'exprime éteignant toute autre considération, en fracassant le tranchant de sa bâtarde contre le fort de celle devenue son ennemie. La jeune femme, plus petite et agile que lui, se rapproche de son corps afin de pouvoir le toucher sans qu'il puisse donner toute sa puissante dans ses coups, elle gagne ainsi moins de coups a parer pour elle même et une certaine précision des siens. Gêné, il tente de la repousser, mais la belle est en pleine possession de ses moyens alors que lui, s'essouffle par le manque d'exercice, par l'énergie dépensée et la rage qui le consume. Cahuete vise ses articulations pour l'endolorir suffisamment afin qu'il cesse l'engagement attendant une ouverture afin de lui porter un coup plus décisif.

Alors qu'il tente de la repousser encore, elle lui entaille le dessus de son genou d'appui, provoquant ainsi son déséquilibre et sa chute sur les jointures. Voyant qu'il tente de se relever en prenant appuis sur son épée et se prépare à une dangereuse riposte circulaire, la blonde envoie un violent coup de pied dans son arme, faisant voler icelle un peu plus loin. Elle s'éloigne ensuite de quelques pas, à court de souffle, choquée par la violence de son adversaire, elle se penche pour se reprendre un peu, Fingil lui, ne prend qu'une seconde après être retombé sans l'appui de son épée pour se relever et se ruer sur elle le poing brandi, le coude en avant, visiblement décidé à reprendre l'engagement a mains nues. Cah prend peur, mais son instinct prend le relais, un pas avant qu'il ne la percute, se glisse sous sa garde, lui assène un violent coup du pommeau de son épée sous le sternum, et s'écarte aussitôt de lui en repassant sous le bras tendu qui aurait du l'atteindre.

L'homme s'arrête net, coupé dans son élan, replie le bras dans le vide pour porter son coup dans l'air avant de retomber lourdement sur le sol, se récupérant de justesse sur les mains, incapable de respirer, suffoque. Il cherche désespérément son souffle, s'écroule et se tourne sur le dos. Aussitôt la blonde pose son pied sur le torse de son adversaire, la pointe de sa lame contre sa jugulaire, se relèvera-t-il encore? Elle le regarde, choquée, reprenant son souffle et le tenant a sa merci. Il reste immobile et sans réaction, la regardant sans la voir, toujours suffoquant, ferme les yeux pour enfin pouvoir reprendre une bouffée d'air, il ouvre des yeux plus clair, la regarde a nouveau, reprenant conscience du lieu et du combat qui vient d'être. Il trouve la force de lui murmurer Cahuete... Pardon avant de laisser retomber sa tête en arrière et de poser ses mains sur son ventre et son torse.

Rassurée de le voir enfin revenu a la raison, la Dame se laisse tomber à genoux a son coté, posant sa lame et prenant une de ses mains entre les siennes, elle l'observe alors qu'il reste allongé sur le dos et regarde le plafond de la salle se concentrant sur les détails de ce dernier. Pendant qu'il reprend son souffle à son tour, la fureur et la rage ont quitté son visage dont les traits se détendent et s'imprègnent de sueur. La blonde réalise qu'une de ses mains est poisseuse de sang, porte a nouveau ses yeux sur la blessure qu'elle avait oubliée avant de la comprimer de la main gauche et de la ramener dans son giron. Loup? ca va aller? Il esquisse un geste pour retenir ses mains qui s'échappent, la regarde, la dévisage, toujours à bout de souffle, avant de cligner des yeux et de lâcher Pardonnez moi dans un soupire étouffé.

Revenue de sa frayeur, elle esquisse un sourire désabusé avant de lui demander Vous pardonnez de quoi mon loup? Il la regarde de nouveau, incapable de formuler une réponse intelligible et surtout assez développée qui correspondrait à tout son ressentiment. Il tente de se tourner sur le côté pour s'appuyer de son bras valide pour se relever. Cah lâche aussitôt la compression de sa blessure pour poser une main apaisante sur lui en disant: Laissez moi deux minutes pour me reprendre, ensuite je vous aide Fingil regarde sa main ensanglantée posée sur lui, et ferme les yeux perclus de remords et de culpabilité, renonce à son intention de partir sur le champ. Il parvient toutefois à se tenir assis sur le sol en s'appuyant d'un bras. Mortifiée par son dédain apparent, par le dégoût qu'elle voit dans son expression, Cah se relève, essuyant sa sénestre sur ses braies avant de la lui tendre pour l'aider a se relever.

Il arrache son gilet matelassé qui l'empêche de respirer convenablement, et laisse ainsi apparaître quelques belles entailles, sur le flanc, le torse et l'abdomen, et les bras, témoins des coups portées par la belle. Reprenant une longue inspiration, se retourne vers elle, avant de se relever chancelant, pour saisir le bras de Cahuete. Voyant les dégâts qu'elle lui a infligés, elle ne peut s'empêcher de rougir et de chercher une contenance en ramassant son épée, Fingil la regarde, la dévisage, et croit apercevoir son embarras qu'il ne comprend pas, crucifié de ses propres remords ainsi avivés.Il se presse contre son dos, l'entoure de ses bras et l'étreint en murmurant a son oreille: Mon étoile, qu'ai-je fait ? Surprise, la jeune femme se retourne dans ses bras, lui sourit avant de répondre:

Vous avez retrouvé la parole mon loup... je n'en espérais pas tant!

Il déglutit, torturé: Mais à quel prix? regardez ce que j'ai fait, ce que je vous ai fait... puis baisse le regard sur le poignet entaillé de Cahuete et sur le sang sur ses mains. La blondinette hausse un sourcil intrigué, avant de suivre son regard et d'éclater de rire: Cela? mais ce n'est rien voyons Elle se défait de son étreinte pour attraper dans un panier sous la table quelques vieux chiffons qui servaient de pansements d'urgence à ses entraînements, s'en noue un autour de sa blessure avant de relever la tête vers lui dans un nouveau sourire Z'etes bien abîmé aussi ce me semble.

Il baisse a sont tour le regard sur lui même, hoche la tête et chancelle. Cah vient immédiatement le soutenir en passant son bras valide derrière son dos Allons dans la maison, Caprysse pourra nous aider, si elle ne nous achève pas avant S'appuyant sur elle pour se rattraper en se sentant défaillir il lui souffle tout de même: Je l'ai bien cherché. Mes félicitations, brave guerrière avec un sourire taquin avant de s'effondrer. La blonde ploie légèrement sous le poids avant de l'entraîner tant bien que mal vers sa demeure, entrant par la cuisine elle prend le temps de le faire asseoir sur un banc avant de crier pour la maisonnée:

Caprysse! ramènes de quoi soigner quelques blessures a la cuisine j'ai besoin de toi!

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Re: St Maurice (halle de Murat)

Message  Llewelyn le Sam 15 Sep - 18:31

Fingil

Murat, rue de la forêt, fin d’après midi du 13 juillet 1460

Le temps était calme, le ciel couvert, quoique légèrement venteux, mais la route était raide et sacrément sinueuse, du moins pouvait on le penser à regarder Loup, l'échine courbée, titubant depuis sa sortie de la taverne des Anges Protecteurs, propriété de Death, et tenue actuellement par Meggie.

Il était parti juste à temps, trop tard pour éviter la cuite, mais juste au moment d'éviter que ça dégénère, puisque comme d'habitude, après une vingtaine de pintes, il n'avait pu s'empêcher de lancer des piques bien senties à Meggie, qui comprenait tout de travers, à Neige Innocente qui ne l'était pas tant que ça, il se demandait s'il avait vu Fibinath, mais il était définitivement trop alcoolisé pour se rappeler exactement le déroulement de la journée. Tout juste pouvait il se rappeler de sa tentative d'explication devant les mines esbaudies de la gente féminine, effarée de le voir saoul comme un cochon si tôt dans la journée.

Pour soigner la cuite d'hier avait-il avancé, certes il y avait du vrai, mais la principale raison était évidemment ailleurs. Et pendant qu'il butait savamment sur chaque caillou qui ornait la rue de la forest, le loup laissa son esprit dériver vers son étoile. Evidemment c'était bien ici qu'il fallait chercher la raison de ses libations prématurées. Un pas se tord dans le fossé, mais le loup avait toujours eu le pied sur, dès l'enfance, grâce à de longues randonnées en montagne, passant les chemins de traverse entre la frontière franco-italienne.

Le vent se levait pendant que la bête imbibée luttait son pour son équilibre toujours à la merci d'un galet facétieux, ou d'une branche malicieuse. Toutefois chaque bourrasque qui fouettait son visage lui prodiguait assez d'air frais pour rester debout, à défaut d'être véritablement conscient. Encore quelque pas, et cette tête qu'il fallait redresser, sans cesse plus lourde, qui l’entrainait vers l'avant. Fingil s’arrêta au milieu du chemin, complètement courbé, les deux mains écartées sur ses cuisses, hésitant entre rendre l'excès de houblon, ou se vautrer sur le bord du chemin, en attendant que ça passe.

Il en était là de sa réflexion, quand une silhouette s'approcha de lui, incapable de la reconnaître, et encore moins de l'entendre ou de la comprendre, le loup ne perçut que l'ombre projetée sur son visage, de ce corps qui s'approchait de lui, et la main douce posée sur son bras. Il savoura la douceur de la main qu'il prit un instant pour celle de sa belle, et sans rien dire il se laissa entrainer par la silhouette qui l'emmena jusqu'à chez lui... soit à quelques pas de sa halte impromptue. Parfois les derniers pas sont les plus difficiles.


"Messire, venez ... non pas là ! Attention la tête Messire !! Par là Messire, voilà, messire peut s'allonger ici."

Après force coups de pied, poussant là un tabouret, ici la table de chevet, Thomas parvint à se frayer un passage, jusqu'à la couche de Fingil. Ce dernier, qui commençait vaguement à identifier cette voix familière, et d'un poids largement au dessus des forces du jeune garçon, s'efforça de ne pas trop s’appesantir sur son épaule et de se laisser guider par la douce traction de la petite main de son ami sur la sienne. Dans un ultime grincement, le colosse au cœur d'argile, se laissa choir sur le lit que le jeune page avait opportunément rapproché de son cou du pied.


"Messire n'est pas en grande forme... Messire me reconnaît maintenant?"

Thomas, se pencha et agita la main devant le visage de Fingil, impassible. Le garçon en conçut un grand désarroi, et une violente peine qu'il ne put réprimer qu'en hoquetant et en soupirant. Scrutant le visage torturé du loup, il se résolut à veiller sur son sommeil, après tout on était encore dans l'après midi, et il n'était pas attendu de retour chez lui avant la soirée. Il alla chercher un tabouret dans la grande pièce, et vint s'asseoir, attristé et affligé, pour observer le sommeil agité de la bête fiévreuse.

Fingil se réveilla deux, trois heures plus tard, dans une cathédrale où chaque son produisait une infinité d'écho, chacun résonnant de manière démultiplié. Et lorsque Thomas reprit la parole, ce n'était plus des sons qui s'entrechoquaient dans sa nef crânienne, mais des bouteilles en cristal qui se fracassaient. Il plissa le front, les yeux, grimaça, et serra les dents, mais rien à faire Thomas comme à son habitude était intarissable.


"Messire est réveillé ? Messire va mieux ? Messire me reconnaît ? Messire n'a pas perdu encore la parole au moins ? Messire a parlé tout le temps durant son sommeil, d'une étoile et de la dame Cahuete. Messire aime bien Dame Cahuete ? Elle est sévère mais gentille, moi je l'aime bien , elle est bonne avec moi. Messire devrait parler à Dame Cahuete, messire veut il que j'aille la chercher ?"

Alors que le son strident de la voix angoissée de Thomas portait littéralement le cerveau de Fingil à ébullition, la réponse jaillit, cinglante et outrancière, marquée du sceau du désespoir.

"TA GUEULE !!! TA GUEULE THOMAS !!! Ferme ta gueule !!, et FOUS MOI LA PAIX !!"

Devant Thomas, frappé de stupeur, impassible, il poursuivit :

"DEGAGE !! SORS DE LA!! T'AS ENTENDU ?! FOUS LE CAMP !!"

Et Fingil d'accompagner son propos par un bras tendu devant Thomas, plus choqué qu'effrayé, qui laissa finalement de grosses larmes rouler silencieusement sur ses joues, pendant que Fingil se laissa retomber sur le lit, éreinté. Quand il tourna enfin la tête pour regarder le jeune page qui sanglotait , immobile, assis sur son tabouret, il se maudit, une fois de plus, puis il s'assit sur son lit. Prenant une longue respiration, il prit le garçon par la main, chose incroyable, et l'amena contre lui.

"Pardon... je suis désolé Thomas, je regrette, je n'aurais pas du", il soupira, "Je savais que c'était une mauvaise idée".


Puis il blottit la tête du garçon qui sécha ses larmes contre son épaule. Il passa lentement sa main dans ses cheveux, le regarda, puis dit avec gravité :

"Pardon Thomas, je ne suis pas en colère contre toi, mais je te dois parler de quelque chose"
"De dame Cahuete ?"
"Oui, écoute moi, et ne m'interromps pas s'il te plaît".
"Vous êtes amoureux ? c'est elle vostre étoile ?"
"Tu es très perspicace, félicitations, mais maintenant écoute moi."


Loup prit les deux mains du garçon dans les siennes, et le regarda fixement.

"Je suis très attaché à Dame Cahuete, je ...je l'aime très fort, mais elle en aime un autre...enfin c'est compliqué"
"Elle ne vous aime pas?"
"Si ! Enfin non.. .enfin... c'est compliqué"
soupira-t-il.

Thomas le regarda avec la même expression de peine que précédemment. Le colosse prit une longue inspiration, et prit sur lui pour continuer malgré ce qu'il pouvait lui en coûter de se livrer ainsi. Mais après tout il le devait à Thomas, qui estimait-il n'avait pas être à malmené de la sorte, ni à subir les affres son cœur brutalisé.

"Je crois qu'elle est un peu perdue, elle a besoin de réfléchir, seule, elle aime deux hommes, et c'est très compliqué pour elle aussi, elle ne dit rien, mais elle souffre beaucoup. Maintenant tu dois me promettre de ne rien lui dire sous aucun prétexte, c'est bien clair Thomas ?"

Le jeune page acquiesça sous le regard intransigeant du loup.

"Elle en souffrirait, toi aussi, et moi aussi, et ce n'est pas ce que tu souhaites."

Il acquiesça derechef.


"Elle fera son choix, un jour ou l'autre, je ne sais pas quand, après ça ira mieux, mais d'ici là, c'est difficile pour moi parce que je ne sais pas qui elle choisira."
"C'est messire Trystan l'autre... "
"Oui.."
"Moi je veux qu'elle vous choisisse vous, pas lui !"
"C'est gentil, merci Thomas"
soupira-t-il avant de lui caresser les cheveux dans un sourire douloureux.
"Elle vous aime alors ?"
"Oui je crois"
"Elle est bizarre en fait Dame Cahuete"

Thomas le regarda, désespéré de ne pas comprendre.
"Je ne comprends pas tout non plus rassure toi. Tu verras un jour, les femmes sont un grand mystère."
"C'est pour ça que vous êtes rentré saoul? Moi je..." Thomas hésita avant de lui confier sa mésaventure à l'herboristerie, puis il se ravisa, encore échaudé par le coup de sang du colosse. Fingil hocha la tête pour toute réponse, et lâcha les mains du garçon.

"Je compte sur toi, pour ne rien lui dire, elle compte énormément pour moi, je donnerai ma vie pour elle s'il le faut, mais si tu venais à en parler tu gâcherais tout et je serais très malheureux."


Au tour de Thomas de hocher la tête. Fingil se redressa, passant ses mains sur son visage, et grimaçant, pour raccompagner son jeune ami sur le chemin du retour.

"Maintenant rentre il se fait tard, repasse dimanche on s'occupera des mauvaises herbes, il faut qu' on en finisse. Attends moi là un instant , je reviens"

Thomas acquiesça de nouveau, et s'arrêta sur le seuil de la maison. Son visage s'illumina d'un sourire aussi flamboyant que le crépuscule qui empourprait alors le ciel blanc azur. Fingil lui tendit une grosse livre de viande enroulée dans du papier et une petite bourse.

"File et passe par le marché, il y a des fruits en vente, ramène tout ça pour le repas de ce soir. Ne traine pas."


Thomas heureux comme un gosse le jour de son anniversaire ne put rien répondre, sinon hocher la tête béatement dans un grand sourire.

"A dimanche Thomas"
"A dimanche messire !"


Et Thomas disparu plus vite qu'une trainée de neige que le vent décolle des cîmes. Fingil, lui décida d'aller méditer dans son champ pour y trouver un peu de quiétude, quand un pigeon familier se posa devant lui.

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Re: St Maurice (halle de Murat)

Message  Llewelyn le Sam 15 Sep - 18:32

Cahuete/Fingil


Murât. A l'aube du dimanche.

Une monture fourbue, qui entre par la porte nord de Murat, la cité avait résonné de cris toute la nuit et la jument était nerveuse, sa cavalière était inconsciente.
Deux ou trois personnes avait tenté de se saisir de la longe d’Éclipse mais elle avait rué et mordu, si bien que malgré la scène insolite, personne n'approchait.

Vinrent les premières heures, Éclipse patientait aux abords de la taverne "la Tocos" déserte. Enfin déserte... Un page y séjournait.
Lorsqu'icelui descendit, il découvrit le cheval dont la crinière se mêlait a celle plus longue, de la cavalière, l'enfant cria: "Ma Dame?!" mais la Dame de St Maurice ne répondit pas.
Le gamin s'approcha, tenta d’écarter la masse de cheveux de sa maitresse mais le cheval fit mine de le mordre.

Elle se laissait approcher, mais pas accéder a sa charge. Comment faire? il hésita a lancer un seau d'eau sur l'ensemble, mais il ne pouvait pas décemment le faire...
Il testa prendre la longe de la jument, cette dernière se laissa faire, rassurée par la livrée du gamin aux couleurs familières.
Thomas hésitait. Rentrer a St Maurice? avec les troubles en ville? c’était trop loin. Il ne pouvait pas faire descendre Cah de sa monture, il n'osait plus y toucher.

Il se décida pour la seule personne qu'il connaissait qui pouvait vouloir prendre soin de Cahuete tout en rassurant un animal ombrageux... Il mena donc l'animal vers la demeure ou il avait initialement prévu de se rendre: la ferme de Loup.

Arrivé aux abords de la propriété il eut un instant d'hésitation avant de se mettre a hurler, d'une voix paniquée: Messire Loup! Messire Loup vite!

Fingil était assis à sa table, torse nu, à soigner ses blessures que les brigands venaient de lui infliger avec une cuisante défaite à la clef. Il s'était placé en première ligne et avait pu ouvrir une des portes de la mairie, mais derrière les volées de bâton, fourche et autres armes de fortune trouvées à l'intérieur des murs avaient plu.

Les assaillants avaient tôt fait de battre en retraite après avoir essuyé une résistance plus qu'acharnée. Pendant qu'il massait ses épaules et ses bras endoloris d'onguent, un cadeau de son étoile, Fingil crut entendre une voix familière, qui l'alerta. Il se dressa, c'était Thomas, il lui avait donné rendez-vous dimanche, c'était donc grave. Surtout avec les brigands en ville.

Laissant tout en plan, il sortit comme une flèche à la hauteur de Thomas qu'il découvrit en train de contenir la méfiance d'un cheval qu'il identifia comme Eclipse à la vue de Cahuete agrippée à sa crinière, et allongée sur lui, visiblement inconsciente. Il leva la main pour faire signe à Thomas de rester calme, et lui prit la bride des mains.

Messire, c'est le cheval de ma Dame, il ne me laisse pas l'approcher!

Fingil tenait la longe d'une main, il fit signe à Thomas de passer derrière lui, pour ne pas exciter d'avantage l'animal. De sa main libre et repliée, il approcha sa bouche, ses nasaux, puis il remonta lentement à rebours son front en l'effleurant doucement

Puis arrivé au sommet de son crâne il déplia sa main, et la descendit à plat, le long de son front, très lentement, en regardant l'animal, avant d'arriver au dessus de sa bouche et de tapoter avec douceur et délicatesse sur son front de la paume de sa main. Enfin il glissa sa main sur le côté, sur la joue de la bête qui peu à peu se détendait à mi voix : Reste derrière moi Thomas, pas de mouvements brusques, va tranquillement à l'étable, chercher un peu de foin, pour le lui donner. Tu la mettras en confiance, pour l'y amener pour la soigner. Tu m'as vu faire avec les vaches ? c'est pareil avec un cheval, à peu de choses près.
Tu le brosseras lentement, avec soin, après lui avoir donné du foin et de l'eau. C'est compris ? Va maintenant, et pars doucement.


Fingil continua de se poser contre la tête de l'animal qu'il caressait de ses deux mains, approchant sa tête de la sienne, en lui murmurant : c'est bien ma belle, tu es un brave cheval, tu as bien mené ta maitresse en sûreté

Rassuré par le calme de son ami, le gamin trouva le juste milieu entre sa hâte et le calme demandé pour aller quérir un peu de foin dans l’étable, quitte a en voler aux occupantes habituelles et revint avec une bonne brassée bien sèche.


Fingil toujours caressant la tête contre lui, ses mains glissant de part et d'autres de ses joues. C'est bien ma belle, tu as bien protégé ta maitresse, maintenant je vais m'occuper d'elle, et de toi aussi. On va prendre soin de toi, tu dois être harassée, Thomas est là avec du foin.

Le loup gardait une main sur la tête de l'animal pendant que l'autre s'affairait à caresser l'encolure pour l'apaiser d'avantage. Il fit un signe de main rapide à Thomas pour s'approcher.
Donne lui le foin mais la main fermée vers le sol, si tu ne veux pas qu'elle te morde les doigts, et pas de mouvements brusques, reste calme, regarde elle est sage là. Hein ma belle?

Cah, perdue dans ses limbes, entendant des voix connues, semblant vouloir apaiser quelque chose, avait vaguement conscience d’être encore juchée sur sa monture, l'odeur et les poils contre son visage l'attestait elle murmura: Éclipse comme pour rassurer sa jument et la convaincre de se laisser faire quand icelle tenta une nouvelle ruade, face au geste un peu brusque du gamin.
Au filet de voix ténue de sa maitresse la bête se calma et courba l'échine, présentant les doigts qui retenait sa crinière a la vue des deux hommes.

Fingil apposa ses deux mains sur l'encolure pour apaiser au mieux la jument, tout en ne quittant pas des yeux les mains de Cahuete, il tourna légèrement la tête pour signifier à Thomas de s'avancer à nouveau pendant qu'il passait sur le côté

Fingil se tourna vers Thomas pour s'assurer qu’Éclipse restait calme devant lui, avant de reposer son regard sur Cahuete. Il posa délicatement ses mains sur les siennes, et avec le plus grand soin il s'appliqua à dénouer les poils de la crinière de la jument entre les doigts de sa cavalière, avant d'attraper les mains puis les bras de celle ci, qu'il enroula autour de son cou.

Pendant que la belle glissait de son destrier, le loup passa un bras autour de sa taille, puis un deuxième pour la descendre et la tenir contre lui:Il souffla à voix basse à l'attention de Thomas :
Thomas prends la longe et emmène Éclipse à l'étable, et prends soin d'elle pendant que je m'occupe de Cahuete

Pendant qu’Éclipse, libérée de sa charge faisait un écart et renâclait, Thomas put se saisir de la longe et commencer à entraîner la jument vers l’étable, agitant le foin devant elle comme une carotte, bien décidé a remplir au mieux la tache qui lui était assignée, trouvant dans les directive la sécurité mentale de savoir quoi faire. Cah elle, noua ses mains derrière la nuque de Loup et se laissa porter vers l’intérieur de la demeure

Le colosse plia les genoux et passant ses bras sous sa belle, la souleva pour la porter jusqu'au seuil de sa maison, où il se tourna avec précaution. Tout occupé à l'allonger au plus vite sur sa couche, il ne lui adressa qu'un bref regard pour constater son extrême épuisement. Il se hâta pour ne rien laisser paraître de son angoisse, jusqu'au moment où il entra dans la pièce faisant fonction de chambre

Il la redressa contre lui, découvrit sa couche d'une main, avant d'y déposer sa belle, avec toute la délicatesse, et le soin dont il était capable à son endroit. Il lui retira ses bottes, lui laissant ses braies et sa chemise par soucis de pudeur. Après l'avoir bordé, il revint avec un tabouret, sur lequel il s'assit brièvement pour l'observer, non sans inquiétude

Le loup se releva pour partir dans la cuisine, il fit réchauffer son repas de la veille, des légumes, qu'il accompagna d'une pièce de viande. Il déposa le tout avec une miche de pain sur un plateau, et y rajouta une cruche d'eau fraîche et un grand verre.

Quand il revint dans la chambre, il la trouva toujours dans le même état de semi conscience, il posa le plateau sur une vieille commode, et se retourna vers elle avec le verre d'eau qu'il venait de remplir
Il l'approcha d'elle avec précaution, le portant à ses lèvres: Mon étoile, faites moi ce plaisir de boire un peu d'eau, lui murmura-t-il

Entre ses brumes, la blonde sentit qu'on portait de l'eau a ses lèvres, les premières gouttes telles un divin nectar, c'est fou comme on oublie le plaisir simple de se désaltérer quand on le fait tous les jours. Elle avala quelques gorgées puis tourna son regard vers le décor qui l'entourait alors que son esprit s’éclaircissait. Elle repoussa doucement le verre, tachant de reconnaître les lieux avant de regarder son hôte, le reconnaître et sourire.

Fingil lui retourna son sourire, et reposa le verre d'eau sur la table de chevet juste à côté d'elle
Il s'assit sur le tabouret et lui murmura doucement : bienvenue chez moi mon étoile
Je vous ai fait à manger.

Dans le doute, il lui présenta l'assiette qu'il lui avait préparée, avec le bout de pain pour l'accompagner
Faites moi plaisir d'avaler au moins une bouchée, je reviens de suite

Cah soupira, reconstituant son périple, au moins elle était rentrée... mais dans quel état? elle se sentait terriblement faible, chose peu habituelle chez elle, toujours au sommet de sa forme. Bon... deux jours en plein été à galoper sans trêve vers Murât, sans boire alors qu'elle ne s’était déjà plus alimentée depuis son départ de sa ville... mauvaise idée.

Au murmure de Loup, elle opposa un sourire, sa fatigue la rendait nauséeuse et elle préféra reprendre le verre d'eau avant de toucher au plateau, sans parler d'abord, sa gorge desséchée par la poussière de la route lui faisait mal.

Il se releva, et hocha la tête dans un sourire satisfait, avant de se retourner et de filer vers l'étable pour s'enquérir de Thomas.

Dans l’étable, le gamin avait attaché la longe d’Éclipse a l'un des box, et il étrillait soigneusement la jument qui se repaissait de foin, tout en lui racontant d'une voix soulagée que Fingil s'occuperait bien de sa maîtresse, il s'exprimait avec admiration sur son ami qui avait pris les choses en main avec beaucoup de sang froid et il était certain que sa Dame était entre de bonnes mains.

Le loup s'approcha du jeune page, et lui tapota affectueusement sur l'épaule pour lui manifester sa satisfaction et l'encourager
C'est très bien Thomas, continue, comme ça, je file à la grange pour apporter du foin à la maison. Quand tu auras fini, laisse lui de l'eau et rentre chez toi, je te donnerai des nouvelles dans la journée

Surpris, le gamin adressa d'abord un sourire rayonnant sous les félicitations de son ami puis s'assombrit: Mais... je ne peux rentrer a St Maurice sans ma Dame... Il regarda le géant, d'un air de totale incompréhension...

Fingil dévisagea Thomas, surpris d'y voir un tel désarroi.
Hum bon, viens avec moi à la grange, on ira voir dame Cahuete ensuite. On avisera sur place, au besoin je te ferai une couche et tu dormiras chez moi
Ils partirent tous deux, non sans avoir laissé de quoi s'abreuver pour Éclipse, et revinrent les bras chargés de foin dans la chambre. Fingil lui fit signe de faire un tas au pied de son lit, pendant qu'il sortait le surplus dans la pièce principale, laissant Thomas et sa maîtresse seul à seul.

Cah jouait vaguement avec son verre d'eau, réfléchissant a sa propre inconséquence quand elle vit son page revenir avec Loup dans la chambre, portant chacun une bonne brassée de foin... La blonde haussa un sourcil intrigué tout en souriant a son page qui semblait perdu puis avala une nouvelle gorgée d'eau avant de le saluer d'une voix un peu éraillée alors qu'il se jetait a genoux a son chevet, angoissé

Le bon jour Thomas, c'est toi qui t'es occupé d’Éclipse? Alors que le gamin acquiesçait elle lui ébouriffa affectueusement les cheveux en le remerciant, puis voyant qu'il semblait perturbé, lui en manda la raison: Je ne sais si ma Dame est en état de rentrer répondit-il, sur quoi elle lui offrit un nouveau sourire avant de répliquer: Rentres, et annonce à Caprysse mon retour en Murât, dis lui que j'ai à faire en ville et que je rentre ce soir, qu'elle ne s’inquiète pas.

Rassuré le gamin se releva d'un bon, fit une courte inclinaison du buste pour saluer sa maîtresse puis fila sans demander son reste, Cahuete serait bien avec Loup, et il avait dans l'idée que les laisser seuls ne pouvait qu’être bénéfique pour son ami. Fingil vit Thomas sortir comme une flèche un grand sourire aux lèvres
Alors? Tout est réglé ? Je te fais une couche ici ?

Se retournant vers son ami, Thomas eu juste le temps de lui dire Non, j'ai des ordres a St Maurice, ma Dame Cahuete m'envoie en mission avant de franchir la porte de la demeure et de filer avec la fougue de sa jeunesse

(a suivre)

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Re: St Maurice (halle de Murat)

Message  Llewelyn le Sam 15 Sep - 18:32

(suite)Rue de la foret

Fingil secoua la tête, surpris et un rien déçu de la disparition brutale de son jeune ami. Il poussa le tas de foin restant du pied, avant d'entrer dans la chambre en toquant doucement contre la porte, pour venir aux nouvelles de son étoile.
Je peux ? Demanda-t-il doucement, et prudemment.

La Dame avalait sans motivation un morceau de légume. Alors que son estomac se révoltait, elle eut la surprise d'entendre frapper, puis la demande hésitante de Loup. Elle le regarda, sidérée: vous êtes chez vous Loup, pouvez faire ce que bon vous semble. bien que je l'avoue, le foin m'intrigue... était ce la coutume dans les maisons paysannes? Elle n'en savait rien. Elle défit la couverture dont elle était bordée pour venir aider si elle le pouvait mais un vertige la saisit à peine se redressait elle.

Loup se précipita vers elle pour l'allonger à nouveau dans son lit, en plaçant un coussin sous sa tête pour la retenir, et reposa son plateau d'une main, négligemment sur la commode. Il se retourna pour ouvrir celle ci, et en sortir un grand drap, qu'il déplia, ne quittant pas Cahuete des yeux, avant de lui répondre, une fois la frayeur passée.
Reposez vous, mon étoile, et restez tranquille, tout va bien.
Il esquissa un sourire pendant qu'il déposa et enroula le drap autour du foin entassé au pied du lit, pour en faire une couche de fortune.

Puis avec le drap qui débordait de la couche, il le replia une seconde fois pour en faire une couverture, avant de se rasseoir sur le tabouret pour la dévisager, non sans inquiétude.

Intéressée, la blonde le regarda faire, tout en sirotant son verre d'eau, réalisait il qu'il était a demi nu? Et les bleus et autres sur ses bras et son torse attestait qu'il s’était encore battu... Ne faisait il rien d'autre de sa vie? Cah passait un temps non négligeable à le soigner. il devait le faire exprès. Enfin la c’était lui qui lui rendait la pareille. Elle demanda:

Puis je m'enquérir de l'utilité de cette couche improvisée et de ce qu'il vous est arrivé? Tout en laissant son regard errer sur le torse de son hôte, qui malgré les muscles saillants, en avait encore pris un sérieux coup.

Fingil la regarda, lui adressa un sourire ravi de la voir retrouver son allant. Il la borda, avant de reprendre place, de se regarder, vaguement embarrassé et d'attraper une chemise sur la commode, pour l'enfiler, sans la fermer, en lui répondant
Des vilains faquins, rien de plus, je vous promets que je n'ai pas touché à la taverne municipale. Et vous mon étoile, que vous est il donc arrivé pour que vous atteigniez Murat dans cet état ? Sa voix était douce, mais trahissait son intense inquiétude. Ce n'était pas le moment de lui annoncer que Murat était tombé aux mains des brigands, il attendrait son réveil... pensait il Et faites moi plaisir, ne quittez pas cette couche avant d'avoir fini l'assiette derrière moi

Dépitée, la blonde fit la moue quand il la borda comme une enfant, qui se transforma en grimace quand il se revêtit d'une chemise. ça lui apprendra a ne pas garder l'impassibilité due a son rang. Il lui raconta trop peu sur son combat apparent puis l’enjoignit carrément de se nourrir. Pour un peu elle en aurait répondu "oui papa" . Elle se contenta de croiser les bras, et de se laisser aller contre les oreillers.

Ai oublié de me nourrir depuis que suis partie et je suis rentrée en urgence sans prendre le temps de manger ou boire, je vais pas laisser Murât aux mains des brigands! La fatigue et les privations m'ont menée a cet état. Satisfait?

Attendri par la rébellion de sa malade, le loup lui concéda dans un sourire : Alors vous êtes au courant pour les brigands, j'ai eu maille à partir avec eux à l'aide d'un petit groupe de Muratais, mais nous étions trop peu nombreux face à eux, et nous avons du battre en retraite précipitamment. Ce n'est rien, quelques coups de bâton, une porte capricieuse, j'ai connu pire .Comme je le disais on y allait pour prendre une peignée, on l'a eue Lui confia-t-il dans un sourire goguenard C'est une chance que vous ayez franchi les lignes, la nuit a du vous aider.

La blonde sourit, elle même l'avait déjà mis dans un état pire que cela et l'avait soigné d'un encore plus grave. Le Loup était résistant et au moins aussi opiniâtre qu'elle. Éclipse est un cheval de guerre, entraînée au combat, même si je n’étais pas en état de me battre elle aurait tué quiconque essayait de l’arrêter. C'est peut être le cas d'ailleurs, je n'en sais rien. Cah soupira: Ce soir j'irai a l'assaut de la mairie avec ceux qui y sont prévus, nous la reprendrons. En attendant il est vrai que j'ai besoin de repos. Vous aussi apparemment.

Oui hors de question que vous repartiez dans cet état... Il s'interrompit avant de la mettre de nouveau en rogne, et caressa son visage en l'effleurant, dégageant son front d'une mèche de cheveux. Le loup reprit sa place sur le tabouret et ôta ses bottes, ses bas, gardant sa chemise ouverte et ses braies.

Cah souffla sur la mèche incriminée, la renvoya vers son dos. Puis le regarda se défaire de ses bottes et bas, l’œil parfaitement impassible alors qu'elle n'en perdait pas une miette s’écarta de façon a lui faire une place dans son lit. Parfait dormons donc quelques heures et ensuite nous irons nous préparer a cet assaut, je n'admettrais pas de défaite pour ma part.

Le colosse fendit l'armure devant la détermination de sa belle, mais n'en rendit pas les armes pour autant. Il avait prévu de dormir au pied du lit, il s'y tiendrait, quand bien même l'envie de la serrer contre lui le tenaillait sans cesse d'avantage jusqu'à opprimer chacune de ses respirations. Il s'agenouilla sur sa couche de fortune et lui sourit tendrement. Dormez bien mon étoile, ravi de vous voir en ces modestes lieux, saine et sauve.

La blonde roula sur le coté, pour avoir pleine vue sur lui en contrebas et sans se soucier de l'obscurité qui envahissait son champ de vision elle lui dit d'un ton narquois: je rêve ou vous comptez dormir par terre Loup? Alors qu'il s'apprêtait à se glisser sous les draps, Fingil la regarda, désemparé. Il lutta en son for intérieur pour produire ces quelques mots dont il doutait qu'ils eût un sens : Ce serait plus... convenable, enfin... plus sage...
Et de s'empourprer, confus, avant de poser sur elle un regard éperdu

La Dame ne put s’empêcher d’étouffer un rire avec l'oreiller qui portait l'odeur de l'occupant habituel du lit avant d’écarter d'un geste ses couvertures et de lui faire signe: Venez ici, les convenances je m'en tamponne et la sagesse ma foy... ne craignez donc rien pour votre vertu, je ne suis pas en état d'y intenter.

Sa belle venait de le désarçonner, une fois de plus, il la regarda, médusé, mais ne put qu'opposer pour la forme un regard vaguement réprobateur et attendri. Mon étoile je... Elle l'interrompit d'un regard amusé Je ne connaissais pas encore un homme qui se fasse prier pour partager ma couche, vous êtes vraiment un drôle d'oiseau. Avant de reprendre, plus doucement: dormez avec moi Loup.

Devant la douceur de la requête, le guerrier capitula, il se redressa, et vint se glisser dans son lit, sur le dos à côté d'elle, et remit la couverture en place. Ravie, la Dame se coula dans ses bras, trouvant que son épaule ferait un oreiller plus confortable que ceux du lit elle se blottit contre lui en souriant avec un soupire d'aise.

Fingil l'accueillit, savourant de la sentir contre lui, en enroulant un bras autour d'elle, pour mieux l'étreindre, et caressa longuement ses cheveux qui s'égrenaient entre ses doigts. La blonde s'endormit sous ses caresses et entraina avec elle son loup dans son sommeil.

Quelques heures plus tard, Cahuete s’éveilla, désorientée, avant de voir qu'elle reposait contre le torse de Loup, que la chemise ouverte dévoilait largement. Elle pu distinguer la trace d'une morsure sur son épaule et un joyeux sourire apparu sur ses lèvres a ce souvenir, elle désentortilla sa chevelure du bras de son compagnon avant de se lever sans bruit, aussi furtive qu'un chat, elle déposa un baiser sur son front, avant de sortir de la maison, passer récupérer son cheval.

Elle acheta en passant une pâtisserie au miel a un gamin des rues et l'engloutie avant d'aller a St Maurice, elle avait encore besoin de repos mais recouvrer ses facultés lui avait fait prendre conscience de l’état de sauvageonne ou elle se trouvait, un bon bain était nécessaire, Caprysse l'aura surement fait préparer. Elle écrirait au loup pour le remercier plus tard.

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Re: St Maurice (halle de Murat)

Message  Llewelyn le Sam 15 Sep - 18:33

[Saint Maurice, bureau de Cah]

La blonde patientait, lisant un tas de rapports et de courriers en souffrance, elle avait envoyé un peu plus tôt son hibou portant une missive qui n'avait que son scel et une plume pour contenu, ainsi était une convocation en règle pour le jeune Thomas.

Icelui se présenta donc devant sa maîtresse, frappant timidement a la porte du bureau, il ignorait ce que lui réservait sa Dame pour l'avoir menée chez son ami plutôt qu'en son fief et il était un peu stressé. Apres avoir entendu l'approbation seigneuriale, il vint se planter devant le bureau.

Cah acheva soigneusement sa lecture avant de lever les yeux sur son page, qui se dandinait d'un pied sur l'autre. Elle lui sourit: Le bon jour Thomas. Le gamin, dont les yeux étaient partis en vadrouille sur la cheminée éteinte derrière Cah, il s'inclina prestement.

Elle le fixa de ses yeux inquisiteurs puis demanda doucement: puis je savoir ce que tu attends pour me faire ton rapport sur Murât en mon absence? Le gamin s'empourpra et commença son rapport pendant que la Dame avait posé son menton sur ses mains croisées, signe de sa plus grande attention

Ma Dame Cahuete, Murât a été attaquée par des vilains... un froncement de sourcils de Cahuete suffit a lui faire comprendre qu'elle n'attendait pas ce genre de nouvelles et Thomas regarda vaguement vers la porte, indécis. Il aurait bien voulu se trouver ailleurs mais reprit: Il n'a pas fait de grabuge ma Dame, il a un peu abusé sur l'alcool mais il n'a attaqué personne! Je l'ai ramené chez lui vendredi après midi...

Il hésitait de plus en plus... Trahirait il son ami en disant ce qu'il savait? L'homme lui avait fait promettre de garder le silence... Mais il ne pouvait pas! c’était trop idiot! Dame Cahuete comprendrait surement qu'elle devait accorder plus d'attention au Loup et pas a messire Trystan! D'ailleurs on le voyait jamais celui la.

Ma Dame... est ce que vous savez pour son étoile? a cette mention, Cah décroisa aussitôt ses mains, se demandant ce que Fingil avait bien pu raconter a cet enfant? Cah espérait qu'il n'ai pas commis l'erreur de lui faire part du rêve qu'il lui avait raconté, comme si Thomas pouvait être le fils qu'ils auraient ensemble... J'ai l'heur de connaitre cette idée oui. Mais toi, qu'en sais tu?

Le gamin prit une petite inspiration avant de débiter d'un traite, comme on s'allège d'un fardeau trop lourd: Ma Dame, messire vous aime! il est malheureux quand vous n’êtes pas la! Si malheureux qu'il fait n'importe quoi! Il la regarda de ses jeunes yeux trop innocents pour saisir la portée de ses paroles avant d'ajouter: Ma Dame devrait l'épouser lui et pas messire Trystan!

Choquée, la blonde mit quelques secondes avant de réagir. Mon dieu, Loup ne lui aurait quand même pas fourrée cette idée en tête? Elle regarda Thomas, et ne pu contrôler le ton de sa voix en demandant, glaciale: Est ce lui qui t'a mandé de dire cela Thomas? Effrayé le gamin secoua vivement la tete, balbutiant des dénégations, Cah se leva, signe de colère refoulée chez elle, et se mit a faire les cent pas dans son bureau

Penses tu que je ne sache gérer St Maurice seule pour me vouloir un époux Thomas? Ne suis je pas a la hauteur de ma tache? Elle ne le regardait même pas, et lui s'il avait pu disparaître il l'aurait fait... Loup avait raison, parler a sa Dame n’était pas une bonne idée... Il regrettait de l'avoir fait. Penses tu donc que je devrais me marier et me placer sous la protection d'un homme?

L'enfant s’était mis a trembler sous le courroux de sa maîtresse, et si elle le renvoyait? impitoyable Cah continua: S'il devait y avoir un Seigneur icelieu, il repose dans son caveau Thomas! aucun autre n'eut été digne d’être mon époux.

Elle s’arrêta face a lui, remarquant enfin l’état de terreur dans lequel elle l'avait mis. Pauvre gosse. Elle s'agenouilla a coté de lui avant qu'il n'éclate en sanglots puis repris plus doucement: Je ne peux pas me marier Thomas, il faudrait que mon prétendant soit noble pour cela, je n'ai pas droit d'épouser un roturier donc ni Trystan, ni Loup. Et je sais que les deux me désirent.

Thomas, lèvre tremblante, tachait de comprendre cette nouvelle donnée, il ne pensait pas que Cahuete n’était pas libre de faire ce qu'elle voulait, elle lui avait toujours parue faire ce que bon lui semblait, quand cela lui chantait... Mais... Elle l'interrompit d'un doigt posé sur ses lèvres: Ce sont des histoires d'adultes cela... et je sais que Loup est amoureux de moi. Lui et moi avons encore un long chemin a parcourir avant de nous trouver. Il a aussi un passé que je dois prendre en compte.

Cah se redressa, dépoussiéra ses jupes en passant puis ajouta: ne t’inquiète donc pas de Loup et moi, il se passera ce que doit par la grâce du très haut. Elle lui accorda un sourire avant de lui dire: Merci de m'avoir emmenée chez lui dimanche, cela m'a évité une grosse dispute avec Caprysse!

Le gamin ouvrit de grands yeux, sidéré d'apprendre qu'on pouvait disputer sa maîtresse surtout en étant pas au dessus d'elle... Décidément il avait beaucoup a apprendre... et a se faire pardonner... timidement il se lança: Ma Dame... Messire Loup m'avait dit de ne pas vous dire... Je suis désolé.

La blonde sourit a nouveau a son page et lui répondit: jamais aucun ordre ne surpasse les miens Thomas, Loup le sait tout comme il doit savoir que si je te demandais tu serais forcé de m'obéir et me révéler ses secrets mais rassures toi, je ne te demande pas plus et je ne lui dirais rien.

Elle lui fit signe d'un geste de se servir dans ma corbeille sur un coin du bureau, elle contenait diverses confiseries appréciées par Cah et ses enfants ainsi que des nougats de Montélimar: Peux tu descendre cela au salon? Tu as droit d'en manger mais fait attention a en laisser un peu quand même a mes enfants.

Ainsi congédié, le gamin réalisa que sa maîtresse ne lui en voulait pas, mieux, elle lui laissait accès a des sucreries. Nul doute, Dame Cahuete était bizarre! Une fois la porte refermée la blonde s'en alla a la fenêtre, contempla la vue sur les jardins... Oui la situation était compliquée... Et oui elle n'avait l'envie que de rejoindre son Loup... A peine quelques heures et il lui manquait terriblement. plus que Trystan qu'elle n'avait pas vu depuis 4 jours... Elle ne pensait plus a ce dernier.

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Re: St Maurice (halle de Murat)

Message  Llewelyn le Sam 15 Sep - 18:34

Thomas

Le gamin arriva en courant a St Maurice, hurlant: Caprysse!! Caprysse!!! Il s'égosilla, il fallait lui dire que Cahuete avait été blessée sur la route! il la trouva enfin et lui dit tout ce qu'il savait... très peu

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Re: St Maurice (halle de Murat)

Message  Llewelyn le Sam 15 Sep - 18:34

Caprysse

[Saint Maurice, cuisine]

Furieuse, Caprysse était furieuse. Cahuete s’était encore éloignée en lui laissant ses enfants, sans rien dire. Quand apprendrait elle a ne plus réagir comme une enfant et fuir quand une situation ne lui plaisait pas? A peine deux jours après le jeune Thomas qui débarque en criant, sa maîtresse est blessée, a faillit se faire tuer!

Effrayée, Cap le presse de questions mais elle ne sait exactement ce qui s'est passé, un brigandage qui a mal tourné mais il ne connait pas l'étendu des dégâts... Loup organise une expédition pour aller récupérer la blonde Cahtastrophe, il mande l'assistance de la Duchesse pour cela.

Surement, Cahuete se prendrait une belle soufflante pour son inconscience, son amant ou sa suzeraine, il y en avait bien un qui arriverait a lui faire entendre raison! Les jours passent, pas de nouvelles, ni des uns ni des autres... L'angoisse monte peut a peu et enfin, le mercredi soir, une missive apportée par le hibou de Cah se pose a demeure


Ma chère Cap,

Nous rentrons ce soir vers Murât, il nous faudra deux jours pour cela, j'ai Loup et Dami avec moi.

J'aurais besoin de ton aide pour retirer les sutures de mon épaule, je préfère que ce soit toi qui le fasse.

Envie de serrer les enfants dans mes bras.

Cah

La jeune fille venait juste de terminer la lessive, elle avait la jupe trempée mais les enfants dormaient sagement, elle s'empara rageusement d'une plume et prépara une reponse breve a l'intention de la Dame des lieux:

A Llewelyn de Lahmia,
Dame de Saint Maurice

de Soizic Le Guenec
Son amie

Dame,

Sachez que vous retrouverez votre demeure en bon ordre, comme d'habitude, que vos enfants vont bien, malgré que vous ne daignez prendre des nouvelles d'eux a fortiori en donner de vous!

Pourquoi donc souhaitez vous les serrer contre vous, alors même que vous les abandonnez régulièrement? Quel intérêt pouvez vous bien avoir a leur égard?

Pour vostre blessure, débrouillez vous seule, cela vous apprendra. Je ne suis pas la dernière de vos serfs, il faudra bien un moment que vous cessiez de jouer les filles de l'air et acceptiez vos responsabilités!

Vous ne méritez pas mon salut ce jour.

Caprysse.

Ekaryn remporta la lettre vers sa maîtresse, qui pris son temps pour la décrocher et la fourra dans sa poche avant de la lire, elle avait plus urgent a faire: contrôler les vivres pour le retour

Plus tard, Cahuete pu enfin lire, elle survola sans vraiment lire la missive, puis ses yeux revinrent se poser sur l'en tête destinataire, elle se crispa, jamais personne ne la dénommait par son prénom, la suite de la lettre la fit se raidir encore plus. Cap ne réagissait jamais ainsi, que lui prenait il?!

Elle se mit en rage, mais ne prit pas le risque de répondre par écrit. Au lieu de cela elle demanda a ses compagnons de route: Au galop les amis, Je dois rentrer de toutes urgences! Elle sauta en selle, sans sourire, une seule idée en tête: régler l'insulte qui lui était faite et la situation. D'ici son arrivée a Murât, peut être qu'elle comprendrait que son amie la choquait a dessein, afin qu'elle prenne conscience... Mais pour l'instant la colère l'aveuglait.


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Re: St Maurice (halle de Murat)

Message  Llewelyn le Sam 15 Sep - 18:35

[St Maurice, maisonnée]

Retour a Murât fracassant pour la blonde, elle n'avait rien dit a Loup, pas plus qu'a Dami mais elle entra en claquant bien fort la porte de la demeure, ainsi, Caprysse était vite apparue, ce qui épargnait a la Dame des lieux de l'appeler d'un cri, qu'elle aurait bien poussé.

Tant pis, il resterait donc coincé dans sa gorge. Elle fusilla son amie du regard a peine celle ci se montra t'elle. La jeune fille ne cilla même pas.

Ne comptes même pas a ce que je baisse les yeux Llewelyn, tu as été trop loin.

Cah sentit son courroux monter d'un cran, elle était défiée et qui plus est, appelée par ce prénom qu'elle abhorrait. Elle se défit de ses gants de soie blanche les jeta négligemment sur un guéridon, et passa a coté de Caprysse, soufflant d'une voix que la rage rendait sourde:

Dans ma salle d'arme, vas m'attendre.

Elle planta la la jeune fille, qui bien qu'elle démontrait une certaine assurance, n'avait guère envie d'affronter la femme qui l'avait accueillie avec tant de bienveillance. Elle prit le chemin de la salle d'arme sans attendre.

Cah montait vers la nurserie, elle prit un temps devant la porte pour se recomposer une attitude sereine et entra ensuite pour embrasser ses enfants, parfaitement maîtresse d'elle même, elle laissa Shaelyn grimper sur ses genoux et babiller sur sa journée alors qu'Azraël revint très vite au livre qu'il lisait.

Peu de temps après elle s'en vint rejoindre Caprysse qui l'attendait bras croisé, appuyé contre l'une des tables a tréteaux. La Dame se planta face a elle:


Je te donne cinq minutes pour exprimer le fond de ta pensée a mon égard, il y a déjà un petit moment que tu n'es plus la douce demoiselle que j'ai connue.

L'attitude menaçante de Cahuete, son courroux apparent dont Cap n'avait jamais eu a souffrir bien qu'elle le connaissait fit sortir cette dernière de ses gonds:


Ce que j'ai changé moi?! Mais tu plaisantes? Ou donc passe tu tes nuits Dame de Saint Maurice? Depuis quand as tu pris cette manie de quitter la ville comme ça, sans prévenir, sans même le dire a tes enfants?!

Crois tu que cela m'amuse de voir Shaelyn déçue a chaque fois qu'elle s’éveille que je sois seule a déjeuner avec elle? As tu la moindre idée de ses larmes quand elle réalise que tu es partie et que tu ne reviendra pas la border? Son temps d'insomnie?

Tu te comporte comme une gamine Cahuete! Es tu donc si égoïste pour te préoccuper de toi même, de tes amants au détriment de ta famille? Je préférais encore quand tu étais simplement veuve, j'aspirais alors a ce que tu retrouves un amour pour qu'il te rende heureuse mais tu le fais passer avant ta propre chair!


Cap reprit sa respiration, foudroyant Cah du regard, essoufflée de sa tirade elle s'attendait a ce que son amie explose, voire pourquoi pas déchaîne la violence qu'elle faisait ressortir dans ses entrainement au lieu de quoi les yeux émeraude de la Dame était brillant de larmes. Larmes qui se mirent a couler le long des joues de Cah, silencieuses alors qu'elle était proprement statufiée.

Cah...

La demoiselle esquissa un geste vers sa protectrice mais celle ci recula. Cap avait raison sur toute la ligne bien sur. Elle ne s’énerva pas, ses humeurs depuis peu, elle avait du mal a les contenir, ses sentiments exacerbés, sa fatigue anormale... Elle avait mis ça sur le compte de sa blessure récente mais ses sautes d'humeurs avaient débutés avant. Qu'avait elle donc?

Elle était rentrée en se disant qu'elle allait incendier Caprysse, qu'elle allait finir par lui allouer une demeure et une rente pour les années qu'elle lui avait donné de sa vie a s'occuper de sa maisonnée mais elle n'avait plus rien a dire... Elle avait tord... Sur toute la ligne.

Elle fit volte face et alla s'enfermer dans son bureau, tournant la clé dans la serrure elle se laissa tomber dans son fauteuil et éclata en sanglots, mit ses bras croisé sur le lourd meuble face a elle et plongea la tête dedans, les épaules secouées de mouvement incoercibles.

Apres un moment, elle commençait tout juste a s'apaiser quand elle sentit une main se poser sur son dos. Une petite main. Elle se figea a nouveau.


Mère... C'est a cause de ma petite soeur.

Cah secoua la tête, son fils était dans le bureau avant elle mais il avait attendu un peu avant de se manifester

Non mon chéri, Shaelyn n'y est pour rien, c'est maman qui fait n'importe quoi.


Pas celle ci, l'autre.

La Dame releva les yeux, les écarquilla souffla: l'autre? Le gamin acquiesça et sourit, chose rare chez lui alors que sa mère en perdait le souffle elle lui demanda quand même: tu es sur? Nouveau hochement de tête d'Azraël.

Était ce possible? Portant la main a son ventre Cah réfléchit, depuis combien de temps n'avait elle pas vu ses menstrues? Elle calcula rapidement et se rendit compte qu'elle avait oublié de prendre sa tisane spéciale après la nuit dans le lac et que ça lui était complètement sortit de l'esprit depuis...

Elle se redressa telle un ressort, hurlant d'une voix aussi angoissée qu'emprunte d'une joie sauvage

Caprysse! Caprysse! Fais appeler un médicastre tout de suite!

Si cela se confirmait, que ferait elle? Une vie a naître? Elle n'avait pas le droit... Pas avec sa noblesse... Et Loup? Que dirait il? Fébrile elle attendit que le médicastre soit envoyé cherché.

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Re: St Maurice (halle de Murat)

Message  Llewelyn le Sam 15 Sep - 18:36

Caprysse

Perturbée par les larmes de Cahuete, Caprysse était revenue lentement vers la demeure, son amie n'avait pas l'habitude de pleurer, encore moins de ne pas réagir quand on s'opposait a elle. Comment en étaient elles arrivées la? Elle revint dans la cuisine, tachant de confectionner le goûter en ce milieu d’après midi, peut être qu'une gâteau au miel ferait plaisir a Cah, c’était son dessert préféré.

Caprysse! Caprysse! Fais appeler un médicastre tout de suite!

Le cri résonna dans la maison, la voix de Cah était brisée, éraillée par les les pleurs qu'elle avait versés, que ce passait il? Cap couru a l'étage, tourna la poignée du bureau frénétiquement mais celle ci était verrouillée

Cah ouvres moi!

Quelques secondes plus tard le léger bruit de la clé tournant dans la serrure avertit Cap que la porte était maintenant ouverte, paniquée, elle s’apprêta a entrer en trombe quand la porte s'ouvrit sur la silhouette calme d'Azraël, Cap stoppa net. Que se passait il? Elle écarta l'enfant qui s’effaçait déjà et découvrit Cah en grande agitation, son visage portait les stigmates de ses pleurs mais elle souriait, ses cheveux défaits lui donnait un air un peu fou

Mais enfin Cah, que se passe t'il?

Devant l'éclat de rire que déclencha sa question, Caprysse se dit qu'il y avait la bel et bien besoin d'un médicastre, mieux, un qui travaillait au sanatorium. Mais Cah lui sourit


Az... Az dit que... La Dame déglutit, c’était trop intense, trop nouveau, trop inespéré... Az dit que j'attend un bébé!

Quoi?! Mais c'est impossible! Tu ne peux plus enfanter depuis ta blessure en Touraine... Caprysse était abasourdie, elle regardait Cah, c’était certain, la blonde avait a nouveau perdu l'esprit, comme après la mort de Iophel... Était ce l'aube d'une nouvelle crise d'hystérie pour Cahuete?

Je sais que c'est impossible! Mais pourtant... Ça explique bien des choses! Et je ne voies plus ma féminité Cap... s'il te plait, envoies Thomas chercher un médicastre, je veux confirmation!

Evidemment, La Dame ne changerait pas d'avis. Caprysse lui aurait bien fait part de son scepticisme mais elle savait que Cahuete ne l'entendrait pas. Et la visite d'un médicastre ne pouvait pas faire de mal, au mieux il donnerait de quoi calmer Cah. Caprysse redescendit dans la cuisine, elle y trouva Thomas venu pour le goûter.

Thomas, vas en ville et trouve un médicastre, ta maîtresse en a bien besoin. Dis lui que c'est urgent et ne traîne surtout pas, c'est une mission de la plus haute importance!

Le gamin la regarda avec des yeux ronds, qu'est ce qui pouvait bien se passer? Il détala comme un jeune lièvre, de toute façon on ne lui en dirait pas plus avant qu'il ne ramène le médicastre...

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Re: St Maurice (halle de Murat)

Message  Llewelyn le Sam 15 Sep - 18:36

Bien des jours plus tard, la grossesse se confirmait mais cela n’empêchait pas la blonde de vouloir a nouveau quitter Murât. Préparatifs qui lui avait pris la veille, aller hop, tous en coche, rapide courrier a Bino, Meggie et Loup...

Les deux premiers avaient répondus en intégrant son groupe, le troisième non. tant pis, il était au courant de ce départ, a lui de suivre ou non. Le soir venu, Cah allait donner le signal du départ...

Quand reviendront ils? aucune idée. rien ne les forçaient a revenir.

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Re: St Maurice (halle de Murat)

Message  Llewelyn le Sam 15 Sep - 18:57

Caprysse

La demoiselle s'occupait de Saint Maurice, et ce malgré la vie bien triste en Murât... Cahuete et ses enfants étaient partis, aucune nouvelles données depuis que la blonde peste avait appris la mort de Damisella. le 15 septembre, deux semaines après donc, le hibou blanc revient vers son foyer, une lettre de Cahuete, enfin!

Ma Cap,

Je ne saurais te dire ou je suis, cela n'a aucune importance de toutes façons. Je t'envoies ici quelques instructions pour la suite. Je n'ai pas le gout de prendre des gants, aussi je vais froidement l’énumérer: demandes a mon régisseur de mettre mes propriétés murataises en vente, si tu peux organiser un déménagement, fait fermer les pièces de St M ou tu ne vies pas, ou encore mieux, fait en déménager toutes nos affaires, tu peux aller vivre au dessus de ma forge si tu le souhaite, mon fief lui, va être rendu au BA.

Je te laisse a Murât pour l'instant, ou si tu veux y construire ta vie avec Marcel, il est peut être grand temps pour cela, prend en dot ce qu'il te faut dans mes coffres. Sois gentille, fais affranchir le jeune Thomas aussi. Az et Shae vont bien, je veille sur eux même si prendre soin de moi m'est un peu plus difficile...

Y'a quand même quelques gens sympathiques la ou je suis, quand me sens assez motivée pour aller en taverne, il y a quelques bons moments. Je crois pas que je reviendrais avant que mes terres soient vendues cependant. Et encore juste un passage pour faire l'inventaire et le redistribuer. Encore une fois hésite pas a te servir...

Je te recontacte bientôt,

Cah

La donzelle réalisa qu'elle pleurait quand une larme tacha le vélin. Ainsi elles en étaient la. Cah devait vraiment aller très mal pour tout abandonner. Cap envoya Thomas porter l'annonce de vente des champs, elle pris une décision et se hâta de répondre a son amie, le hibou saurait retrouver sa maîtresse

Cah,

je reste le temps de finaliser cette histoire, je mets tout cela en place mais... Je te rejoindrais avec Thomas après. Qu'importe ou tu te perds, tu sais que ma vie est a coté de la tienne, avec ta famille et tant pis pour Marcel.

Je t'adore,

Caprysse

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Re: St Maurice (halle de Murat)

Message  Llewelyn le Ven 1 Mar - 1:03

2 nov 1460

Claquage de portes ce matin au domaine de St Maurice. La Maîtresse des lieux est de retour. Elle va ça et la pendant que le reste de la maisonnée se repose, ses enfants ravies de retrouver leur chambre, la préparation du berceau pour la jeune Andréa, les courriers en souffrance, les stocks a vider...

Un tas de choses a faire donc. Même une petite crise de larmes en voyant son épée et son bouclier rutilants en sa salle d'arme... ben quoi elle venait d'accoucher, ses hormones montraient encore des signes de divergences! Et encore s’était elle retenue de murmurer "mes précieux" d'un air schizophrène.

Dernière visite, le caveau de son époux. Silence absolu cependant qu'elle ouvre les portes avec la lourde clé qui ne la quitte jamais, la poussière avait recouvert les lieux. Evidemment, Cap n'avait pas le droit d'entrer ici.

Un chiffon imbibé d'huile pour nettoyer le sarcophage, doucement, tout en parlant a celui qui reposait dedans.


Je suis vivante... J'ignore ce qu'Az m'a fait avaler mais c’était dans le médaillon... Et je me relève vite l'Oiseau. Qu'y aviez vous caché?

Nulle réponse évidement, les morts ne parlent pas, sauf dans nos rêves... Mais de toutes façons au fond d'elle elle avait cette réponse, il suffisait qu'elle replonge dans ses souvenirs. Mais la blonde vivait dans le présent, pourquoi se rappellerait elle une conversation d'il y a maints années?

Finissant son ouvrage elle referma la porte du caveau soigneusement. Il lui fallait maintenant aller nourrir sa fille et partir en quête de Jyr. En espérant qu'il ne se soit pas perdu dans sa demeure...

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Re: St Maurice (halle de Murat)

Message  Llewelyn le Ven 1 Mar - 1:04

7 nov 1460

5 jours qu'elle était rentrée.

D'humeur chafouine la blonde. Elle se débrouillait pour animer Murât, donnant le ton pour les rire et les sourires, entraînant le monde dans une joyeuse ronde, aider Aulne en lui donnant un but, aider Alpha a profiter de la vie, montrer que Murât peut être vive a Goddefroy, qu'elle peut respirer, murmurer.

Midi le mercredi, elle choisit de rentrer a St Maurice, braies et chemise, tenue d'entrainement au combat. L'épée au coté, elle ne prend même pas la peine de rentrer dans la maison, installant sur le chevalet une armure solide, elle va chercher une épée émoussée dans le local d'arme... un étui de cuir noir attire son attention. Celui de la miséricorde. Dégainant elle lance celle ci comme un poignard se ficher dans une poutre et la rage enfin se déchaîne.

Pas le temps de prendre une autre épée, c'est la sienne qu'elle va user. regard noir vers sa cible, elle frappe d'estoc et de taille, botte et parade, s’entraîne a cette fameuse attaque qui lui a valu sa cicatrice au poignet, défoulant sa colère, extériorisant, il faut qu'elle se décharge. Elle ne peut crier ce qui la ronge, elle ne peut en parler a personne, nul ne peut comprendre.

Maudit soit il! il l'avait laissée, fallait il qu'il la hante a chaque instant?! Que ce soit pour expliquer qu'il était le géniteur de sa fille, que ce soit d'entendre Nuage lui donner le même surnom, Goddefroy parler de duel... Ne se sortirait elle jamais de son emprise? Les coups pleuvent, elle s’échine a épuiser son corps pour son esprit dévasté, des mots échangés... Elle avait dit ce matin a Alpha qu'elle fuirait Murât s'il revenait. Elle avait toujours peur de lui, de céder.

Rien ne laissait entendre qu'il reviendrait. Elle n'avait rien a craindre. Cah avait repris sa place, le sourire de Murât. Mais qu'est ce qu'elle fichait la? Déjà remise dans son paraître. Déjà ses amis l'entouraient, centre du monde. Et elle se plaisait être a cette place, en sortir l'ennuyait. Se l'avouer la fit redoubler de colère, choquant l'armure, maudite soit elle avec son besoin d’être regardée!

Elle enchaîna jusqu’à épuiser ses forces, elle n'avait plus son endurance d'avant la grossesse et l'entrainement du matin l'avait déjà bien fatiguée. Frapper, frapper et frapper encore jusqu’à ce que l'épée tombe de son bras engourdi. elle avait joué de senestre, sa dextre bandée serait pure folie, elle hésita un instant a recommencer quand même avec cette main puis se laissa juste glisser a terre, a genoux devant le chevalet.

Elle restait la, méditant. Jyr la prendrait surement pour une folle si elle allait le retrouver maintenant juste pour être dans ses bras, se faire câliner. Se reposer et s'apaiser contre lui. Essoufflée, elle attendait que son coeur se calme, que la sueur sèche sur elle. Il lui faudrait un bon bain. Vu la saison pas la peine de sauter dans le lac. Le lac. Le lieu ou Andréa avait été conçue. Portant une main a ses yeux elle préféra s'effondrer, s'allonger. Fermer les yeux.

Plus tard si elle en avait la force elle irait rejoindre son amoureux. Elle l’entraînerait dans leur chambre. Mais pour l'instant... Elle préféra laisser sa conscience exploser. Tout oublier, ne penser a rien d'autre qu'a son corps douloureux qui se remettait. La colère était passée, la laissant démunie.

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Re: St Maurice (halle de Murat)

Message  Llewelyn le Ven 1 Mar - 1:06

25 dec 1460 Caprysse

Préparatifs. Caprysse était en charge de surveiller Azraël et Shaelyn, Cahuete ayant gardé avec elle la jeune Andréa, renvoyant ses aînés en son domaine, leur place n’était pas dans un camp militaire... Comme si c’était la place d'un bébé! Mais rien a faire la Dame avait refusé toute concession.

L'argument de l'allaitement était certes difficilement a contrecarrer, et Jyr n'avait pas aidé Caprysse dans cette affaire, il acquiesçait a tout ce que voulait sa compagne, aussi farfelues que soient ses idées, et elle n'en ratait absolument pas une. Marier un berrichon, aimer les moustachus, pendre les bretons, les promenades au clair de lune avec les tribuns... Llewelyn lâchait tout contrôle.

Enfin la... Il fallait préparer la demeure a une réception, aidée par Thomas, Cap décorait le domaine en vue de recevoir famille et amis proches afin de fêter la saint noël...

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Re: St Maurice (halle de Murat)

Message  Llewelyn le Ven 1 Mar - 1:07

28 fevrier 1461 Thomas

Bien des semaines plus tard, l'hiver s'en allait au profit d'un printemps qui s’annonçait frileux mais le jeune page de St Maurice courrait comme un fou dans le domaine. Il était convoqué par sa maîtresse, ce qu'elle n'avait pas fait depuis son retour, ne lui accordant que de brefs regards, quelques saluts distrait quand elle le croisait. Il s’était demandé s'il avait fait quelque chose de mal, avait hésité a demander quoi mais par peur des foudres arachidiennes s’était abstenu et finalement, finalement ce jour il était convoqué. Il filait donc comme le vent vers le bureau de sa Dame, mit rapidement de l'ordre dans sa livrée avant de souffler un bon coup et de frapper a la porte de cette pièce austère qui l'intimidait tant.

Entres Thomas.

Ainsi elle savait que c’était lui. Il poussa timidement la porte avant de se mettre face au bureau, les yeux baissés sur ses chausses... Cahuete consultait un rapport, dont elle acheva la lecture avant d'enfin lever les yeux sur lui, de le détailler un instant avant de sourire enfin. Quand elle souriait, elle perdait de cette sévérité qu'elle n'affichait que rarement.

le bon jour jeune homme, tu me sembles avoir bien forci cet hiver, tu as grandi.

Rougissant, il avait en effet quelque peu grandit, il s’était un peu charpenté aussi, il se demandait cependant la raison du regard appréciateur que sa maîtresse portait sur lui, il balbutia quelques explications

C'est plus simple d’être au service de ma Dame... Je mange plus richement et je peux travailler ici et aussi m’entraîner comme vous un peu...

Cahuete avait hoché la tête, en effet, le garçon s’étoffait au fur et a mesure, elle mit un temps avant de prendre la parole, dans sa tête résonnait les commentaires de son Loup "c'est une midinette, il n'est pas fait pour la guerre"... Qu'importe! Que pouvait il en savoir lui? Il n’était pas la... Enfin... Et s'il avait pris contact avec Thomas? Suspicieuse la blondinette interrogea son page

Dis moi, as tu revu récemment le sieur Loup?

Le gamin blêmit avant de secouer la tête, il n'oserait mentir... Elle choisit de ne pas insister sur le sujet, confirmer qu'il était la et le gamin le chercherait, il l'aimait trop. Elle changea de sujet

Thomas... Je vais pas tarder a retourner en guerre surement mais... Te laisser ici est un peu inutile même si j'ai apprécié que tu prennes en main le cadastre en mon absence et la coupe de bois d'hiver... Souhaites tu venir a présent, et t'occuper comme mon écuyer?

Sidéré, il la regarda avec des yeux grands comme des soucoupes

T’inquiète pas, tu n'auras a t'occuper que de mon armure et de monter ma tente éventuellement... toutes les menues taches d'un écuyer. Je te formerais au combat aussi, mais tu n'y viendras pas avec moi avant longtemps. T'occuper d'Eclipse... Je sais que tu apprécies les animaux.

Acceptes tu?


Elle le regardait, patiente, observant ses réactions, la joie, la peur, l'espoir, l'incrédulité... Éloigner cet enfant de la ville ne pourrait être que bénéfique, surtout avec le Loup rodant dans les parages... Il ne lui fallait aucun allié! Il mit un temps avant de déglutir et de parler enfin dans un filet de voix

Ce serait un grand honneur ma Dame...

En cela il fut récompensé par un sourire aussi resplendissant que rare en ce moment


Alors vas mander a Cap de te commander de nouvelles tenues déjà, tu grandis a une vitesse folle.


Elle le congédia d'un geste avant de se caler dans son siège les bras sur les accoudoir, le menton effleurant ses mains croisées... Son regard se perdit dans la contemplation de la cheminée éteinte et sur le linteau, l'orchidée de papier qui avait eu un temps, pour compagnon un tout petit loup galopant...

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